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Wallonie
L'Avenir du Luxembourg - 5 septembre 2007
Burdinne
La porcherie commence à faire du bruit
Cette fois, c'est la bonne . La réunion d'information sur le projet
d'exploitation de 8900 porcs a accueilli de nombreux Burdinnois. Et leurs
remarques...
«Je m'appelle Cathy Delfosse, j'élève des porcs, et j'en suis fière!» Entre les
riverains et les agriculteurs du public, ça a bardé, à la réunion d'information
concernant le projet de porcherie de 8900 têtes à Vissoul.
Lundi soir, le sujet a rameuté les foules. Une bonne centaine de personnes ont
assisté à la présentation du projet, au château de l'Hirondelle. Les partisans,
surtout agriculteurs, étaient agglutinés au fond de la salle. Tandis que les
citoyens plutôt opposés au développement de l'exploitation ou du moins, curieux
de le découvrir, occupaient l'autre partie de l'espace. Comme en juillet
dernier, lors de la présentation jugée illégale par la commune, le bureau DLV,
chargé de réaliser l'étude d'incidences, a présenté le projet. Mais cette fois,
il a trouvé à qui parler. «De combien de superficie va bénéficier chaque
cochon?, interrompt une participante. 0,65m2 par porc? Pauvres bêtes...» Et le
débat est lancé. Grégory Toubeau, dubureau DLV a du mal à poursuivre son
discours. Les questions et les remarques fusent. Tandis que les deux promoteurs
présents restent imperturbables et ne pipent un mot.
«Pourquoi assiste-t-on à une telle prolifération de porcheries dans la région?»,
lance quelqu'un. Pour d'autres, l'inquiétude est liée au patrimoine. «Où se
situeront vos zones d'épandage? Nos maisons vont perdre de leur valeur...» Pour
les uns et les autres, le jeu n'en vaut pas la chandelle. Même si la plupart ne
rechignent pas sur l'initiative. «Tout le monde a droit à gagner sa croûte,
s'exclame un Burdinnois. Mais pourquoi ici? Votre exploitation n'apporte aucune
plus-value pour la région.» Les citoyens veulent en savoir plus. Sur la
procédure, sur l'intégration de l'exploitation sur le site, sur les zones
d'épandage.
Les promoteurs manqueraient de transparence. Interpellée, la commune a tenu à
rassurer les riverains. «À ce stade, nous n'avons pas à donner d'avis, indique
Luc Gustin, le bourgmestre. Cependant... Les demandeurs nous avaient contactés
pour créer cette exploitation ailleurs. Nous avons refusé. Sur ce site, on
limite les nuisances. Et concernant le charroi et les effluents, on ne laissera
pas faire n'importe quoi.»
Du côté des promoteurs, après coup, on relativise. «Cela ne s'est pas mal passé,
conclut François Martin. Mais je reste perplexe. Les gens ne veulent pas
comprendre. Ils critiquent les grandes exploitations. Alors que ce sont les
consommateurs qui ont voulu de la viande moins chère. Mais pour que cela soit
rentable, il faut faire quelque chose de grand...»
L'enquête publique se clôture le18septembre. Toutes les remarques devront être
intégrées à l'étude d'incidence qui suivra.
Anne-Catherine DE BAST
Wallonie
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