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LA ROCHE-EN-ARDENNE, le 7 septembre 2007.
Madame, Monsieur, Chers Amis,
LETTRE OUVERTE AUX HABITANTS DE LA COMMUNE DE LA ROCHE
Dans l'éditorial du dernier bulletin communal (septembre 2007), le bourgmestre estime devoir s'exprimer sur la problématique des porcheries industrielles dont l'implantation est projetée dans notre commune. Ce faisant, le bourgmestre justifie pour la xième fois sa position maintenant bien connue : "Je suis contre, donc je dis oui". La lecture de cette démonstration est pour le moins déconcertante; elle nous présente un "modèle" consternant de :
L'ASBL PRO ARDUINA NOSTRA oeuvre depuis près d'un an sur toutes ces questions, et plus fondamentalement sur la mise au grand jour des véritables enjeux et dangers que représente le développement des porcheries industrielles non seulement dans notre province mais pour la région wallonne toute entière. Notre site internet contient le relevé de nos actions, ainsi que de nombreux témoignages et informations qui authentifient nos objectifs. Une fois de plus, nous voudrions retenir votre attention sur ces questions, tout en mettant à votre disposition les considérations que le mot du bourgmestre nous inspire.
Depuis environ un an, deux projets de porcherie industrielle ont fait l'objet d'une demande de permis unique, l'un à Petit-Halleux, l'autre à Cielle. Ces deux projets ont été approuvés par l'autorité communale de La Roche. Pour Cielle, une négociation – dont les enjeux nous échappent (car il est interdit de construire dans un village…) – avait eu lieu préalablement à l'introduction du dossier, invitant l'exploitant à prévoir l'installation de sa porcherie sur un terrain appartenant à la commune de La Roche et situé le long de la route reliant Cielle à Marcouray. La Ville s'étant engagée à lui céder le terrain, l'exploitant a introduit sa demande de permis pour cette localisation-là, et pour nulle autre. La commune a octroyé le permis pour Petit-Halleux. A la suite des recours introduits, le permis a été annulé pour erreurs administratives. Le demandeur vient de réintroduire une nouvelle demande. En ce qui concerne Cielle, aucun permis n’a encore été octroyé. Une première demande s’est avérée non conforme. Dès lors, l'exploitant a introduit une nouvelle demande de permis; il s'agit du même projet comportant la même localisation (route de Marcouray). Le bourgmestre affirme que s'il refuse le permis, le Ministre pourrait, dans le cadre d'un recours de l'exploitant prendre une décision favorable à un projet qui serait situé aux abords du village et non à l'extérieur (route de Marcouray). Le bourgmestre veut nous faire croire que par son recours, l'exploitant peut changer son dossier et soumettre en direct au Ministre une autre localisation. Il n'en est évidemment pas question. Le seul dossier sur lequel le recours peut être formé est celui qui aura été soumis à la Commune, comportant donc la localisation "route de Marcouray". Il est dès lors juridiquement inexact de soutenir que "en cas de refus de la part de la Commune, le Ministre Antoine prendra une décision qui concernera une porcherie qui se situera au milieu ou à côté des maisons d'habitation et à propos de laquelle aucune condition n'aura pu être imposée par la Commune". Et dès lors, toute la théorie du bourgmestre s'écroule.
Au nom de ce soi-disant risque, dont on vient d'expliquer le non-fondement, le bourgmestre refuse depuis des mois d'entendre les oppositions diverses qui se manifestent avec force arguments. Il a refusé le referendum qui lui était demandé, connaissant d'avance le résultat et ne voulant pas l'entendre puisqu'il n'en tiendrait pas compte. Jusqu'à présent, il a négligé, voire ignoré les pétitions et résultats des enquêtes publiques. Lors d'un récent conseil communal où il fut vivement interpellé par l'opposition et la nombreuse assistance, il a refusé tout débat, interrompu la séance et quitté la salle, dans un état de grande fébrilité.
En outre, il a
déclaré : « il ne m’aurait pas déplu que la porcherie de Cielle se fasse à côté
de chez Quel paradoxe, lorsque l'on doit constater l'attitude des autres bourgmestres voisins, confrontés aux mêmes demandes de permis. A Hotton, refus, par ailleurs confirmé par le Ministre (Melreux) A Rendeux, refus également confirmé par le Ministre (Warisy) A Bastogne, sur les deux dernières demandes : un refus et un avis négatif A Erezée, avis négatif et désamorçage du projet (Sadzot) etc. Dans ces communes, l'opinion publique a été entendue et suivie. Pourquoi pas à La Roche ? Au nom d'un soi-disant risque qui n'existe pas !!!
Dans de nombreux courriers largement diffusés, notre ASBL a analysé et mis en garde contre les nuisances et dangers des porcheries industrielles. Le Ministre Lutgen, Ministre de l'agriculture et de l'environnement, les a reconnus, s'appuyant sur l'avis partagé du Ministre Antoine (voir interview publiée...). De nombreuses instances associatives, scientifiques et politiques ont exprimé leur souci de voir évoluer la politique agricole en redéfinissant un cadre strict pour une filière porcine de qualité mieux adaptée à une région définie. Plus récemment, le C.E.R. (Centre d’Economie Rurale) de Marloie a fait connaître une étude où sont exposées les nombreuses nuisances générées par les porcheries industrielles. Le document, diffusé e.a. à tous les bourgmestres de la province de Luxembourg, invite ceux-ci à une réflexion et à une action communes. Des recommandations sont clairement énoncées, notamment pour respecter et protéger les zones touristiques, pour intégrer tous les aspects de la ruralité qui caractérisent notre région, pour prendre en compte les véritables problèmes d'agriculteurs de bonne volonté (et non les velléités de tel ou tel artisan en recherche de diversification financière). Le bourgmestre pense qu'il protège la population en vendant un terrain permettant une localisation plus éloignée et en décrétant l'enfouissement du lisier. La localisation ne résout rien. Faut-il rappeler les atmosphères vécues tant à La Roche qu'à Cielle et environs lorsqu'était exploitée la décharge publique de la Croix de Cielle (plein nord pour La Roche) ? (dossier qu'il faudra bien réouvrir un jour). Faut-il rappeler qu’à Hives, la porcherie bio a été autorisée à s’installer par le bourgmestre alors qu’aujourd’hui, Monsieur Dardenne considère que cette porcherie est une nuisance olfactive. Où est la cohérence ? Faut-il rappeler que l'enfouissement est quasi impraticable sur nos sols en pente et schisteux ? Que fait-il pour protéger durablement nos nappes phréatiques, pour nous mettre à l'abri du staphylocoque doré, pour nous garder de l'exode du tourisme (bien connu en Flandres) ? Serait-il à ce point sourd aux préoccupations de ses concitoyens, surtout lorsqu'il s'agit des commerçants et des résidents ?
Pourquoi tant d'acharnement à défendre une logique qui ne résiste à aucune analyse, même de simple bon sens ? Pourquoi entraîner son collège échevinal dans une telle aventure qui ne peut que laisser des traces indélébiles et au total un déplorable discrédit ? Pourquoi s'engager dans des opérations immobilières, en dépit de conflits d'intérêts évidents ? Des rumeurs persistantes suggèrent une chaîne d'opérations... Pourquoi prêter le flanc aux protestations qui secouent actuellement la Belgique, sachant bien que le développement de porcheries industrielles en Wallonie sert exclusivement à consolider la croissance de puissants groupes industriels flamands désormais limités dans leur expansion sur le territoire flamand. Pourquoi ne pas s'associer à la demande de moratoire exprimée si largement, à l'exemple de ce qui se fait au Canada, dans plusieurs régions de France, etc ? Pourquoi répéter : "cette porcherie se fera, j'en fais mon affaire". Pourquoi donc s'y être engagé à ce point ?
Nous souhaitons qu'au moment de prendre prochainement une nouvelle décision pour l'octroi du permis sollicité, tous nos édiles communaux auront un véritable sursaut de conscience citoyenne, mettant de côté les fatalismes ambiants, et qu'ils refuseront ces permis. (Halleux et Cielle)
ASBL PRO ARDUINA NOSTRA.
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