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########################################################################################################################### Environnement : Nitrates et pesticides continuent de causer du souci en Wallonie. Les eaux souterraines sont encore trop chargées
Le dernier état des nappes d'eau souterraine en Région wallonne vient d'être publié. Et les nouvelles ne sont pas particulièrement bonnes. Les deux principaux indicateurs de pollution, les nitrates et les pesticides, sont à la hausse. « La tendance est à la dégradation, confirme-t-on à l'administration wallonne de l'environnement. Des eaux qui, à beaucoup d'endroits, étaient de bonne qualité, continuent à se dégrader. Et celles qui se dégradent le moins sont celles qui étaient déjà le plus en mauvais état. » C'est également l'avis de Serge Brouyère, expert en hydrologie à l'Université de Liège. « Hormis le calcaire du Tournaisis [près de la frontière française, NDLR], il n'y a aucune raison de penser qu'il y a un problème de surexploitation des nappes. En revanche, au niveau de la qualité, nous avons un évident problème de nitrates et de pesticides. » Le constat n'est pas sans conséquences : en Wallonie, 80 % de l'eau du robinet provient de captages souterrains, à Bruxelles 65 % vient aussi des puits sudistes. Et si sa qualité reste meilleure que ce que prévoient les normes internationales, les chiffres officiels le montrent : le nombre de captages purement et simplement abandonnés ou devant être soumis à un traitement au charbon actif en raison de trop grandes concentrations en pesticides ne cesse d'augmenter. Principales nappes à problème : le crétacé de Hesbaye (délimité par les vallées de la Meuse, de la Mehaigne et du Geer) et les sables bruxelliens (Brabant wallon). Ici, « depuis 2003, les valeurs moyennes de concentration en nitrate semblent s'être stabilisées sur un palier supérieur », indique le rapport. Les nappes du Sud Namurois « ne présentent globalement aucun signe d'amélioration ». Tout le nord du sillon Sambre et Meuse peut être considéré comme la zone la plus vulnérable, indique un expert. Nitrates et pesticides «L'impact chimique de l'agriculture demeure clairement la grande problématique pour les eaux souterraines », souligne le document de la direction wallonne. Les pesticides ? « Ce sont les herbicides [un pesticide, NDLR] qui sont responsables de la majorité des problèmes posés aux producteurs d’eau potable ». Dans les échantillons, on retrouve des traces d'atrazine, pourtant interdite depuis 2004. « Mais il subsiste encore de grandes quantités, tant chez les professionnels que chez les particuliers, dit Brouyère. Par ailleurs, les pesticides, c'est comme le dopage chez les cyclistes. Dès qu’on interdit un produit, ses substituts apparaissent très rapidement ». Les produits à suivre s'appellent désormais bentazone, bromacile et dichlorobenzamide. Ces herbicides d'usage « non nécessairement agricole » sont utilisés dans les cimetières, sur les talus des chemins de fer... Michel De Muelenaere Deux tiers captés Les réserves en eaux souterraines wallonnes, « annuellement renouvelables », sont estimées à 550 millions de m3. Environ deux tiers, 370 millions de m3, sont captés. Les prélèvements de surface sont évalués à 2.600 millions de m3. De l'eau à boire Plus de huit dixièmes des prélèvements sont destinés à l'eau potable (80 % pour l'eau de distribution, 1,5 % pour l'embouteillage de boissons). Les industries, mines et carrière consomment respectivement 7,6 et 8,8 %. De l'eau à exporter 40 % de l'eau potable produite en Wallonie sont exportés en Flandre et à Bruxelles. Gros captages Les captages les plus importants sont : Modave (22,8 millions de m3), les galeries de Hesbaye (13,2), Vedrin (9,3), Braine-l'AIleud/Waterloo (9,3), Nimy (11,1), Spontin (7,6), Crupet (5,9), Néblon (10,5) et Gaurain- Ramecroix (6,5).
########################################################################################################################### La Roche : Le collège est prêt à durcir le ton Le porc industriel non admis
L'ESSENTIEL :
Une courbe rentrante ? Deux pas en arrière ? Toujours est-il qu'après avoir soutenu deux projets de porcherie industrielle, le collège échevinal revoit son approche de la problématique. L'implantation de ce type d'élevage (porc et volaille) devra, à l'avenir, répondre à des conditions plus strictes. La commune mise sur la qualité différenciée et la labellisation. NICOLAS DRUEZ
########################################################################################################################### Namur - Luxembourg Environnement : LES ELEVAGES INTENSIFS EN QUESTION Des cochons dans la campagne L'ESSENTIEL :
Veaux, vaches, cochons, couvées. Les animaux de la ferme (Industrielle) déboulent dans la campagne électorale. Par la voix de la Coordination élevage», qui lutte contre l'élevage Intensif et qui adresse une lettre ouverte aux politiques. Elle y invoque un cadre législatif trop faible et des conséquences négatives pour l'environnement, l'économie et le cadre de vie. Elle demande le dépôt d'un moratoire, le temps que des règles plus sérieuses soient fixées. ANNE-CATHERINE DE BAST
LES CHIFFRES 4 Daniel Bodson : « Il faut redéfinir l'espace rural » Daniel Bodson, le monde rural, ses grands débats, ses petites mesquineries... Il connaît. Sociologue, professeurs à l’UCL, Il a fait du devenir de l'espace rural un très sérieux sujet d'étude. Analyse. La campagne appartient-elle toujours aux agriculteurs ? ERIC BURGRAFF PRÈS DE CHEZ VOUS Les poules de Maredret Les cochons de Libin
########################################################################################################################### NASSOGNE « Non » à un projet de porcherie Le collège échevinal de Nassogne a décidé de refuser l'octroi d'un permis pour une porcherie industrielle, entre Harsin et Ambly. L'avis de l'administration régionale était négatif. Depuis quelques années, c'est le 12ème projet de ce type introduit à Nassogne. La locale Ecolo se réjouit de la décision du collège, mais invite la majorité à exprimer clairement ce qu'elle souhaite comme filière aux agriculteurs de la localité. (N.D.) ########################################################################################################################### Hotton / Le collège revient sur sa position « Non » à la porcherie de Fronville
La colère montait depuis plusieurs semaines, au sein de la
population hottonnaise. Elle va sans doute baisser d'un cran. Le
collège échevinal a refusé, mardi soir, d'accorder un permis unique
pour une porcherie de 1.299 bêtes, à Fronville. Fin juillet, les
autorités locales avaient pourtant dit « oui », mais à certaines
conditions. • NICOLAS DRUEZ ###########################################################################################################################
LA ROCHE
(N.D.) ########################################################################################################################### La Roche / Deux recours Les cochons sont chez Courard Et un rebondissement de plus, un ! Le ministre des Affaires intérieures, Philippe Courard (PS), devrait recevoir d'ici peu deux recours en provenance de La Roche. Le premier émane de l'ASBL Pro Arduina Nostra. Le second est signé par le porte-parole de la minorité « Décidons ensemble », Michel Leclerc. Tous deux contestent le vote intervenu le 5 février, au conseil communal. Ce soir-là, les élus ont vendu, majorité contre opposition, un terrain à un agriculteur de Cielle. Ce dernier espère y construire une porcherie industrielle de 1.200 bêtes. L'association estime que la procédure de vente des parcelles - 5.000 euros l'hectare - est entachée d'irrégularités. Le groupe « Décidons ensemble » soulèverait, à quelques nuances près, les mêmes arguments. Ce n'est pas tant la manière dont le vote s'est déroulé en séance qui est visée, mais la transaction entre les autorités locales et le futur exploitant. L'objectif est clair : obtenir du ministre socialiste qu'il casse la décision intervenue il y a trois semaines. Le vote avait été marqué par une abstention au sein de la majorité, celle de Bénédicte Defays. Du coup, le point était passé par sept voix contre six, en l'absence d'une conseillère dans les rangs de l'opposition. Le dossier a aussi pris le chemin du conseil d'Etat. Les opposants de Pro Arduina Nostra ont introduit un recours. A leurs yeux, le collège échevinal fait fausse route en négociant avec l'agriculteur pour qu'il puisse installer sa porcherie à la sortie du village. Pour rappel, la Ville a accordé un permis, confirmé par le ministre André Antoine (CDH). • NICOLAS DRUEZ ########################################################################################################################### LA ROCHE
André Antoine respecte… ... le choix du collège Le mayeur soutient que dans ce type de dossier, le pouvoir de décision appartient à l'administration wallonne et au ministre. Dans sa mise au point, André Antoine évoque encore « l'excès de pouvoir du collège, qui a confondu la portée d'un permis unique et les dispositions du code de l'eau en matière d'épandage des effluents d'élevage ». Selon le ministre, le projet de Cielle n'est pas à comparer avec celui de Rendeux, plus conséquent, pour lequel « le collège avait refusé le permis ». Enfin, A. Antoine se déclare « soucieux de l'autonomie communale ». (N. D.)
(N. D.)
Le permis ministériel pour la construction d'une porcherie contestée à Cielle a été accordé sur la base des recours introduits par les opposants, a souligné jeudi le ministre wallon du Développement territorial. André Antoine (cdH) stigmatise "l'excès de pouvoir" du collège communal de La Roche.
"Contrairement aux récentes déclarations du bourgmestre de La
Roche-en-Ardenne (le député wallon Jean-Pierre Dardenne, MR), le permis
ministériel a été accordé sur la base des recours introduits par
plusieurs dizaines d'opposants", affirme le ministre dans un communiqué.
Selon M. Antoine, ce permis
"renforce tout d'abord les conditions environnementales du projet".
Belga ########################################################################################################################### Environnement / Idélux épinglé pour son mutisme face à la porcherie industrielle. Gérard Jadoul explique le chardon UN PTIT chardon contre les p'tits cochon… Gérard Jadoul, président d'Inter-environement Wallonie, justifie le choix. ENTRETIEN C'est non ! Trois fois non ! Gérard Jadoul, président Inter-Environnement Wallonie passe du chardon aux arguments. Pour rappel, son association a offert à Idélux son fort peu envié « chardon » annuel, soulignant ainsi son opposition au projet de filière porcine industrielle en Luxembourg au départ d'un centre de naissage à la ferme Papine (Transinne). Alors que la direction de l'intercommunale se tait dans toutes les langues, le président d'Idélux Daniel Ledent a eu des mots très durs à propos d'une association qualifiée de « petits-bourgeois ». L'occasion pour Gérard Jadoul de remettre la balle au centre, et de la renvoyer fermement dans les filets de l'intercommunale. Ce chardon, c'est un « cadeau » d'un Luxembourgeois à d'autres Luxembourgeois... J'habite Awenne (Saint-Hubert) depuis toujours, donc l'appellation «petits-bourgeois » et sa connotation « vert de ville» ne me concerne pas. En offrant le Chardon 2007». nous avons voulu cibler, à travers Idélux, toute une série d'intercommunales qui ont la faculté d'implanter des projets venus de nulle part en espérant que la greffe va prendre. Le Val de Poix, les petits cochons sont de bons exemples. Ce qui n’empêche pas Inter-Environnement d'encourager les beaux projets : clairement le programme de gestion et de tri sélectif des déchets d'Idélux doit être cité en exemple ! Je respecte profondément le politique mais en échange, je demande qu'il respecte notre travail à nous qui consiste à pousser au plus haut les revendications environnementales. Au-delà d'Idélux, vous visez, dites-vous, les intercommunales ? Elles donnent l'impression d'être des machines capables de générer des mégaprojets complètement exogènes tout en laissant croire qu'ils viennent des gens du terrain. Leurs représentants me font parfois penser à ces experts internationaux qui débarquent en Afrique pour faire le bonheur des gens malgré eux. Pourquoi « assassiner » cette filière porcine moderne ? Idélux est occupée à mettre en place une prétendue « perle de développement » pour 20 ou 30 agriculteurs tout en disant au peuple « Dormez tranquille, on s'occupe de vous!». J'ai vraiment l'impression qu'ils prennent les citoyens luxembourgeois pour des c... Franchement, avez-vous pris connaissance du dossier ? Bien entendu ! Nous connaissons parfaitement la firme flamande qui est derrière le projet. Inter-Environnement Wallonie compte 35 membres de personnel, tous universitaires, tous titulaires d'un niveau d'expertise très poussé. Mettre en cause leur capacité à analyser un projet est inacceptable. Les porcheries industrielles sont environnementalement suicidaires, économiquement risquées pour les agriculteurs et catastrophiques en termes d'image pour le Luxembourg ! Avez-vous une alternative ? Je propose de faire bouger le curseur du quantitatif vers le qualitatif. Il est beaucoup plus intéressant de s'orienter vers des labels de qualité absolue. Je propose de recréer une identité autour d'un patrimoine vert, ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas l'exploiter. Auparavant, à l'instar de ce que disait le professeur Bodson dans le Soir, il faut se poser de bonnes questions : où va-t-on ? Comment y aller ? Qu'est-ce que notre société attend de la ruralité ? Qui est aujourd'hui gestionnaire de l'espace rural ?
Les élus wallons perçoivent-ils les enjeux pour l'espace rural ? Non ! La perception de la réalité rurale est très faible, sauf chez des gens comme Benoît Lutgen qui, en la matière, sort du lot. Je propose qu'à l'avenir le gouvernement wallon intègre des critères verts dans le fonds des communes : pourquoi ne pas imaginer que les entités qui n'ont aucun territoire «Natura 2000 » fassent un effort au bénéfice des autres? Economie et patrimoine vert vont-ils de pair ? Il faut cesser d'opposer économie et environnement. Les villes, les régions qui gagnent aujourd'hui sont celles qui ont réussi leur développement économique et social en misant sur le respect maximal de l'environnement. C'est tout l'enjeu pour la province de Luxembourg. C'est parce qu'il y a aujourd'hui une perception de la rareté de l'espace que les gens comprennent qu'il fait leur richesse. Et dès lors ils n'ont plus peur de dire aux politiques : « Vous ne ferez pas ce que vous voulez de cet espace ! » • Propos recueillis par ERIC BURGRAFF
« Ils deviendront les esclaves d'un gros machin » Pas heureux, les membres du mouvement vert Addes (Haute-Lesse). Avant les élections, ils ont adressé un courrier aux politiques et aux porteurs du centre de naissage porcin de Transinne. « Nous attendons toujours une réponse, voire un accusé de réception de la part, et du gouverneur, et du député Ledent », indique la présidente Anne Janssens. C'est pourquoi elle diffuse une lettre ouverte à leur intention. « Ce projet ne peut en aucun cas sauver, voire même améliorer le sort de nos agriculteurs qui perdront toute maîtrise de leur outil et deviendront les esclaves d'un «gros machin » dont le but est de faire la fortune de ses seuls dirigeants et d'acheter le droit de polluer à une région saine. (...) Les membres d'Addes sont évidemment solidaires de la position d'Inter-Environnement Wallonie avec qui ils collaborent depuis le lancement du projet. Les arguments développés lors de la présentation du projet ont été mûris ensemble. Inviter la population à une réunion de concertation sans lui donner accès au dossier frise davantage la manipulation que l'information. (...) Si Monsieur Ledent veut comparer l'esprit d'entreprise de la Wallonie à celle de la Chine, selon lui modèle du genre, qu'il nous permette de prendre nos distances ; à notre connaissance, nous vivons encore dans une démocratie. Ce n'est pas en méprisant ses opposants - assimilés à de petits bourgeois -, en cherchant à ridiculiser leurs idées (…) que l'on établira une coopération, indispensable, entre le politique et le public. À notre époque, les gens sont suffisamment informés pour exercer leur esprit critique et défendre leurs idées... Il faut en tenir compte si on veut pratiquer une politique "durable". » ########################################################################################################################### Namur Luxembourg Luxembourg / Le député provincial René Collin fait des recommandations Pour des élevages digestes LA PROVINCE veut aider les communes à faire de bons choix en termes d'élevages porcins et avicoles. Un élevage par ci, un élevage par là. Qu'ils soient porcins ou avicoles, les projets suscitent toujours des réactions populaires et les élus communaux n'ont pas toujours les cartes en mains pour faire les bons choix lorsqu'il s'agit d'accorder ou non le permis unique. Vu la recrudescence de demandes dans sa commune et les entités voisines, Benoît Tricot, bourgmestre de Rendeux, avait demandé que les services du Centre d'économie rurale de Marloie (CER) réalisent une expertise. Le député à l'Agriculture René Collin (CDH) a demandé au CER d'établir un état des lieux et des projets, tout en donnant des recommandations qui vont au-delà des normes légales de la Région. Pas de force de loi, mais une prise de position réfléchie et sans parti pris, en intégrant économie, agriculture de qualité, respect de l'environnement et tourisme. Premier élément statistique : les porcs représentent en Luxembourg 8,4 % de la production wallonne (32.510 porcs et 27.409 en projets), 15% pour les volailles (645.698 et 45.000 en projet). « Dans une province largement fourragère, il y a de la place en termes d'épandage, note René Collin. La production d'azote d'effluents se situe à 21.000 tonnes. En respectant les normes, on pourrait monter à 32.000 tonnes, soit 220.000 bovins ou 1,4 million de porcs à l'engrais ! Voilà pour la théorie... » Quant aux recommandations, le député pousse à avoir « un dialogue permanent et constructif. » II estime qu'il faut privilégier une agriculture raisonnée, donc pas hyperspécialisée, dont la vocation serait de produire au coût le plus bas. A l'autre bout, il faut oublier une agriculture bucolique sur un lopin de terre... Et priorité à la diversification d'entreprises existantes, aune agriculture familiale, avec des retombées sociales et environnementales positives. Réduire la taille La taille ? René Collin souhaite une précaution absolue pour les classes 1, ayant un impact très élevé sur l'environnement. Pour les classes 2, il préconise les ateliers de taille réduite, en diminuant les normes du décret (de 2.000 porcs à l'engrais maximum, on passerait à 1.200, de 40.000 volailles, à 20.000.) « Quant aux effluents, puisqu'on veut une agriculture qui colle au paysage, imposons à un porteur de projet qu'il les utilise à 40% sur ses terres, si c'est une diversification, et à 75% si c'est un projet unique. » Durée de contrat, registre et cadastre d'épandage précis, stockage des effluents, intégration dans le paysage, information complète et préalable des riverains et élus, avec possibilité de consulter des organismes spécialisés, constituent d'autres points fondamentaux d'un registre de recommandations qui, s'il ne veut pas être la bible, est tout de même une solide référence qui permettrait à l'agriculture de se diversifier tout en respectant les gens, les sols et les paysages.
Jean-Luc
Bodeux « Papine ? Trop vite, trop grand, sans ancrage » Les projets porcins se sont multipliés ces derniers temps en Luxembourg. La plupart, mais pas tous, suscitent des réactions négatives. A tort ou à raison. En fer de lance, le projet de la ferme Papine (Libin), soutenu à fond par Idélux pour un opérateur venu de Flandre. La question allait de soi. Qu'en pense le député provincial, alors que ce projet figurait dans les priorités de développement agricole « Luxembourg 2010». René Collin n'a pas joué la langue de bois. « Idélux était de bonne foi, mais le dépôt du projet voulu par l'opérateur était prématuré. Une étude portant sur le développement porcin devait être menée auparavant, intégrant abattage, IGP, développement régional, etc. Ce centre de naissage peut être intéressant, mais dans une filière porcine de qualité et pas avant de savoir si on peut faire une porcherie. Ce dossier manque aussi de clarté dans la destination des effluents. L'aspect bio-méthanisation devait être prévu d'emblée. » René Collin estime par ailleurs que ce dossier est surdimensionné, puisqu'il est question de 4000 porcs. Et on ne parle pas de l'ancrage local, des retombées touristiques négatives. Une vue logique, en regard des recommandations...
J.-L . B. ########################################################################################################################### Projets et revers d'Idélux L'intercommunale a tenu vendredi son assemblée générale. Plusieurs dossiers ont connu des couacs. DRUEZ.NICOLAS samedi 30 juin 2007 Le groupe Idélux ne se porte pas trop mal. Vendredi, l'assemblée générale a approuvé les comptes 2006 de l'intercommunale. Un bon cru, malgré une charge exceptionnelle : il a fallu recapitaliser l'assurance groupe de tout le personnel. L'activité suit, elle, une courbe ascendante, avec 170 projets gérés l'an passé. La vente de terrains a également crevé des plafonds. Le travail ne manque pas en 2007, avec l'aménagement du parc Ardenne Logistics, du complexe commercial de Sterpenich, etc. L'intercommunale a aussi essuyé l'un ou l'autre revers ces derniers temps. Ces échecs restent visiblement en travers de la gorge de son président, Daniel Ledent (PS). On songe au Val de Poix (St-Hubert) et au développement de la filière porcine au départ de la ferme Papine (Libin). «Lorsque nous voyons que certains passent leur temps à critiquer de manière stérile la plupart des projets, on ne peut que conclure qu'il s'agit d'attitudes destructrices, d'attitudes de petits bourgeois. Ils ignorent que pendant qu'on dépense de l'énergie à se contrer et à stagner, d'autres avancent (...)», attaque Daniel Ledent. L'homme renvoie à Inter-Environnement Wallonie le chardon décerné cette semaine à Idélux (Le Soir du 28/6). «J'invite notre intercommunale à ne pas se laisser déstabiliser par ceux qui s'autoproclament censeurs wallons, critiquent et classent », ajoute le président. Chardon ou pas, le bourgmestre de Tintigny pense qu'il est nécessaire de continuer à discuter de la ferme Papine. «Nous avons là un investissement de 15 millions d'euros ! insiste Benoît Piedboeuf (MR), qui s'étonne du silence des porteurs de projet. On ne peut pas rater ces dossiers et dire que tout va bien. » Un autre élu est inquiet : le bourgmestre de Neufchâteau. Idélux a, selon Yves Evrard, loupé le coche en n'attirant pas la société H&M sur la zone Ardenne Logistics. À la clé, 600 emplois. Il réclame qu'on mette d'urgence en place une structure capable de recruter rapidement des travailleurs. Le centre-Ardenne ne lutte pas à armes égales face à d'autres régions, à en croire Georges Cottin (Idélux). « Ce qui compte beaucoup, c'est la subsidiation. Ici, elle est d'un maximum de 15%. Par contre, dans le Hainaut, on est à 30% » Côté recrutement, Idélux
pousse le Forem à créer un centre de compétences qui cible les métiers de la
logistique. L'aménagement d'Ardenne Logistics ne s'arrête pas pour autant,
avec le démarrage d'un chantier pour un premier bâtiment de 21.000 mètres
carrés, en août. ########################################################################################################################### Environnement Un Chardon dans le parc à cochons d'Idélux Un tour de cochon ! Idélux a reçu hier, de la part d’Inter-Environnement Wallonie (IEW, une fédération de 150 associations « vertes »), le « Chardon 2007 » pour son idée de créer une filière porcine industrielle. C'est en quelque sorte un fort peu enviable « bonnet d'âne environnemental » que se voit décerner l'intercommunale. Pourquoi elle ? « Pour sanctionner le soutien apporté au projet de maternité porcine et de développement d'une filière industrielle », indique IEW. C'est clairement le projet de la ferme Papine à Libin et des dizaines d'élevages industriels qu'elle implique en aval qui sont dans le collimateur. IEW estime que cette filière est « en totale contradiction avec les principes d'un développement durable et d'une agriculture responsable ». Pour la fédération, « le seul développement apporté par ce projet est celui de la firme intégratrice, basée en Flandre, qui peine devant des marchés de plus en plus circonscrits par les exigences environnementales. (...) Idélux délocalise une production fragilisée en Flandre au détriment de l'environnement en Luxembourg.» « C'est un organisme qui devrait être sérieux mais il fait preuve d'une réaction primaire », réagit le président d'Idélux Daniel Ledent. « Ils ne connaissent pas la firme flamande, ils n'ont même pas eu la politesse de nous solliciter pour avoir accès au dossier ! Quand on voit comment la Chine est capable d'avancer, je peux vous assurer qu'avec de tels comportements on sera bientôt mangés tout cru. En réalité, c'est Inter-Environnement qui devrait avoir le bonnet d'âne: savez-vous que si le dossier Val de Poix, qui comportait un vaste volet "développement durable" est mort, c'est de leur faute ? » (NDLR : recours sur le permis de bâtir). Est-il besoin de souligner qu'Idélux ne s'est pas déplacée pour récupérer son prix...
ERIC BURGRAFF ########################################################################################################################### Hainaut Silly : Avis négatif de la Région wallonne Le projet de porcherie s’enlise DEHENEFFE, BRUNO L'entité de Silly n'accueillera pas sur son territoire une nouvelle porcherie industrielle, De quoi réjouir les nombreux autochtones qui, depuis plusieurs mois, militaient contre la perspective de voir s'implanter une telle exploitation à leurs portes. Au point d'envisager de saisir le Conseil d'État. En charge de l'Aménagement du territoire,le ministre André Antoine (CDU) vient de débouter l'agriculteur à l'origine de ce projet jugé démesuré par la population. Récemment, une délégation d'opposants avait été reçue avec le bourgmestre Christian Leclercq (MR) au cabinet du ministre pour préciser ses griefs. Désireux de diversifier ses activités, le promoteur avait sollicité, début 2007, une autorisation auprès des autorités communales en vue de se lancer dans un élevage intensif de 1.200 porcs, lequel nécessitait la construction d'un vaste hangar à la rue au... Port. Après avoir entendu les récriminations des riverains du hameau d'En Haut, le collège échevinal, puis dans la foulée le conseil, a refusé d'accorder au fermier le permis requis. Une décision justifiée par la crainte de nuisances sonores et olfactives, le risque de pollution dans les sols à cause de l'épandage du lisier, mais également le préjudice environnemental susceptible d'en résulter dans une entité soucieuse de préserver la qualité de vie de ses habitants au travers du label « Citta Slow ». Ayant dans un premier
temps obtenu le feu vert des services de l'Urbanisme à Mons, l'agriculteur
concerné n'a pas baissé les bras. Comme le lui permet la loi, il a introduit
un recours auprès des services compétents de la Région wallonne dans l'espoir
de les convaincre du bien-fondé de sa démarche. La réponse du ministre clôt te
dossier. La Région wallonne a motivé sa décision sur la base de plusieurs
facteurs, dont semble-t-il la trop grande proximité avec les zones d'habitat. ########################################################################################################################### Economie / Idélux élabore les plans d'une filière porcine luxembourgeoise La corde pour pendre l'agriculture ? LE PROFESSEUR Bodson se méfie des projets d'élevage industriel. Il appelle à un nouveau partage de l'espace rural. Alors qu’ldélux échafaude des plans pour lancer une filière porcine en Luxembourg, alors que le débat sur le sujet fait rage, le sociologue Daniel Bodson (UCL) pose pour Le Soir les balises d'une réflexion sur le partage de l'espace rural. La campagne appartient-elle toujours au monde agricole ? Pour
répondre, il faut quelques chiffres : en 1980, il y avait encore 37.412 fermes
en Wallonie. Aujourd'hui, il en reste... moins de la moitié ! Le secteur
occupe un peu plus de 27.000 personnes, soit 1,7 par exploitation. Dans un
contexte pareil, les élevages industriels apparaissent comme la panacée. C'est
sans doute tentant « Il ne faut pas d'un côté vouloir créer une nouvelle "Silicon valley » et de l'autre une terre d’accueil pour porcheries ! » Il faut revenir au « bon vieux temps » ? Je ne
suis certainement pas le défenseur de l'agriculture de papa. Le problème est
moins une question d’échelle qu’une question de maîtrise du processus, de
souci des dégâts collatéraux et de récupération des plus-values. Qu'est- ce
qui intéresse le lobby porcin flamand ? Promouvoir l'agriculture wallonne ?
Non, ce qui l'intéresse, c'est son propre développement, qui passe par l'achat
du droit d'élever des porcs en Wallonie, donc d'y épandre du lisier.
Comment expliquer un tel tollé contre ces projets ? On voit apparaître un mouvement d'opposition aux élevages industriels qui raisonne à l'échelle provinciale. Pourquoi ? Auparavant, le seul groupe structuré était celui de l'agriculture. Aujourd'hui, les Luxembourgeois non agriculteurs se fédèrent parce qu'ils sont désormais les principaux occupants de l'espace rural. Ils ont pris conscience qu'ils pouvaient constituer un acteur social. Chaque projet a aussi des relents de « phénomène Nimby »... C'est trop simple. Pour 90 % des gens, l'achat ou la construction de son logement représente le projet d'une vie, généralement le seul capital qu'ils parviendront à constituer. Dès lors, ils ne sont plus, prêts à accepter n'importe quelle nuisance. C'est bien autre chose que le phénomène Nimby. Est-ce la question du devenir de l'espace rural qui est en jeu ? Les trois quarts du territoire wallon sont constitués de forêts et de surfaces agricoles. C'est loin d'être un problème résiduel ! Or, au niveau politique, le rural ne tracasse pas grand monde en dehors des quelques élus qui y vivent. Hormis le fait de considérer que nous avons là une réserve foncière abondante et bon marché... Ce n'est pas le cas ? Ce n'est pas parce qu'un espace est non bâti qu'il n'a pas de valeur. Pour inverser la tendance, il faut lui donner un statut de capital rare. Pour cela, il faut le « vendre », vanter la qualité de l'environnement plutôt que l'abondance. Il ne faut pas d'un côté vouloir faire du Luxembourg une nouvelle « Silicon valley » et de l'autre une terre d'accueil pour porcheries industrielles ! Propos recueillis par
ÉRIC BURGRAFF ########################################################################################################################### « Oui » à un cochon de qualité A gauche, le ministre-Président flamand, Yves Leterme (CD&V). A droite, le ministre de l'Agriculture, Benoît Lutgen (CDH). Face à eux, une salle pleine comme un œuf. Bastogne, lundi soir. Les agriculteurs sont là. Prêts à écouter la vision des deux hommes. Prêts à débattre avec eux. Le milieu est inquiet. Une des craintes touche à la diversification. A la filière porcine, pour être précis. Un jeune cultivateur met d'emblée les pieds dans le plat : « Quand on parle porc, c'est le holà chez les riverains ! » Le cochon, un filon à exploiter ? Benoît Lutgen l'admet : la diversification n'a rien d'un exercice facile. Mais il trace une ligne directrice : « nous devons garder la force de notre agriculture, liée au sol. Partir tête baissée vers un modèle intensif serait mauvais ! » Selon lui, le développement de ce secteur doit avoir pour objectif d'apporter un plus au jambon d'Ardenne. « Cela passe par une matière première de meilleure qualité et une augmentation de la durée du séchage. » Le ministre exclut l'implantation de porcheries aux quatre coins du Luxembourg. «Il est impensable d'en mettre partout. Il est important d'étudier les régions qui seraient susceptibles d'accueillir ce type d'élevage », ajoute-t-il. Entendez : les régions où les porcheries nuiront le moins possible. Il plaide aussi «pour une gestion irréprochable de ces exploitations ». Il y ajoute une autre exigence, de transparence : « Il est nécessaire d’expliquer et d’aller vers les riverains. Plus on attend, plus on cache, plus on crée la suspicion. » La Flandre, ce n'est pas un secret, est saturée. Son ministre de l'agriculture ne s'en est pas caché. «Nous avons des élevages très intensifs, ce qui cause des soucis. Jusqu'il y a peu, il y avait plus de cochons que de Flamands. Nous avons d'énormes problèmes avec le lisier et les nappes phréatiques », explique-t-il, en insistant surtout sur les aspects négatifs. L'heure est venue, d'après Yves Leterme, de miser « sur le développement durable, même si c'est dur, l'innovation et la qualité des produits ».
Nicolas Druez ########################################################################################################################### Lutgen n'est pas sur la même longueur d'onde qu'ldélux Un tollé ! Le projet de création d'une maternité industrielle pour quatre mille truies à Libin - la ferme Rapine - a suscité une levée de boucliers, lors d'une récente soirée d'information (Le Soir du 4 mai). Pour mémoire, il est porté par Idélux. Le ministre wallon de l'Agriculture, de la Ruralité, de l'Environnement et du Tourisme Benoît Lutgen (CDH) a financé une partie de l'étude de faisabilité. Mais il ne cautionne pas pour autant les conclusions du document. « Il ne tient pas compte d'un certain nombre de critères, comme l'impact et la notion de filière intégrée », indique-t-il. Le Bastognard l’a écrit aux responsables de l'intercommunale. Benoît Lutgen avait déjà, voici quelques mois, interrogé Idélux. «J'ai posé des questions dons le cadre de l'étude, car j'estimais déjà qu'il manquait des éléments. Je n'ai pas obtenu de réponse... », précise-t-il. Il a donc été surpris par la présentation publique du début de ce mois. « Mon souhait est d'apporter une réelle valeur ajoutée au jambon d'Ardenne, en misant sur une qualité différenciée. Le porc de plein air est un exemple intéressant. Je ne veux pas agir dans la précipitation », conclut l’intéressé.
N.D. ########################################################################################################################### Rendeux / Le collège communal refuse un permis pour 1.696 porcs Non aux cochons industriels LES ELUS ne veulent pas de la porcherie de Warisy. Ils souhaitent une table ronde avec des communes voisines. À CIELLE, les messages placés devant les maisons sont explicites. Les habitants ne veulent pas d'élevage industriel de cochons. photo D.R. « Elevons le débat ! » Le collège communal de Rendeux a tranché : il n'octroie pas de permis unique au promoteur de la porcherie de Warisy. La famille Defêche veut élever 1.696 porcs, de manière industrielle, à 800 m du village. « Ce projet dépasse le cadre de notre localité, résume le bourgmestre, Benoît Tricot. La problématique mérite une réflexion globale. » La famille peut introduire un recours auprès de la Région. La décision intervient dans un contexte particulier et passionnel : deux autres porcheries de ce type sont dans les cartons, à Cielle et à Petit-Halleux (La Roche). Le tout dans un rayon de trois kilomètres. Le collège échevinal de la cité de Berthe a dit oui pour celle de Petit-Halleux. Il fera de même avec la demande de l'agriculteur de Cielle. Des recours de riverains sont pendants à la Région. Les autorités rendeusiennes ont une approche différente. Priorité à l'information et à la concertation. La semaine dernière, le bourgmestre a réuni la population - le promoteur y a défendu son dossier -, la commission consultative d'aménagement du territoire (CCAT) et le conseil communal, à huis clos. Les élus ont, vendredi soir, adopté une motion de trois pages. Le document définit, dans le détail, leur position, et celle du collège. «Nous avons déjà cinq exploitations en activité dans les communes limitrophes, explique Benoît Tricot. A cela, il convient d'ajouter deux autres projets, à Marche et à Erezée. Nous arrivons à un total de dix, soit plus de 12.000 bêtes. N'est-il pas normal de s'interroger sur l'effet cumulatif ? » Le bourgmestre souligne une aberration, dans la réglementation actuelle : «La taille de ces exploitations se situe sous le seuil nécessitant une étude d'incidences. Donc, même dans un territoire limité, l'impact sur l'économie, l'environnement, etc., ne sera jamais évalué. » Selon le collège échevinal, « il est difficile, voire impossible, d'assurer une surveillance et un contrôle aisés des épandages». Un autre point vise celle qui est derrière ce secteur, l'industrie agroalimentaire flamande : « Cette filière fait appel à un intégrateur, c'est-à-dire à un installateur/marchand. La dépendance de l'exploitant est quasi totale, ce dernier n'étant pas propriétaire des cochons. Les emprunts sont par contre à sa charge. Le risque de perte de rentabilité est d'autant plus réel en cas de marché défavorable. » Le conseil ne ferme cependant pas définitivement la porte. « Nous sommes favorables à une agriculture différenciée, comme la filière Porcs qualité Ardenne. L'offre est inférieure à la demande et les débouchés plus stables », assure le bourgmestre. Il va organiser une table ronde avec les communes de Marche, La Roche, Hotton, Erezée, Manhay et Tenneville. « Comme on est au début du phénomène, on peut essayer d'anticiper et de proposer des solutions. On est en plein dans notre rôle de mandataire local ! » NICOLAS DRUEZ ########################################################################################################################### « On va continuer à mobiliser» Depuis quelques semaines, une association se mobilise contre les porcheries industrielles. Son nom : Pro Arduina Nostra. Guy Hardenne la préside. « Que vous inspire ce « non ? Si nous n'avions pas fait une lettre ouverte, la réunion d'information n'aurait jamais connu un tel succès. On est satisfait du refus. Ce n'est pas fini pour autant, car il existe un autre pouvoir de décision, la Région. Nos politiciens régionaux doivent agir. Le Luxembourg est en train de devenir le ventre mou de l'industrie agroalimentaire flamande. Les deux communes sont voisines. Mais le dossier a été géré différemment. Oui. Le bourgmestre rochois a décidé tout seul dans son coin. Je ne comprends pas comment un mayeur ne s'arcboute pas sur sa population ! Nous continuons à réclamer une consultation. C'est dans le programme électoral de sa liste : si 100 personnes en expriment le souhait, il a promis d'organiser une consultation sur tout sujet d'intérêt communal. Quelles autres actions comptez-vous mener ? Nous informerons encore la population et sensibiliserons le monde politique, à tous les niveaux de pouvoir. » Propos recueillis par N.D.
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