La réponse au bourgmestre

 

Accueil
Objet de l'ASBL
Infos et Contact
Actions en cours
Documents
Alternatives Bio
Photos
Vidéos et Audio
Liens
Recherches
Arts et Artistes
Vos réactions
In het Nederlands

 

 

La Roche et Rendeux

Les porcheries industrielles à La Roche

 

Le mot du Bourgmestre – Réponse aux 15 points

 

1.                          « L’agriculture est en crise et il est légitime qu’un cultivateur cherche à diversifier ses activités et ses sources de revenus » (dixit Dardenne)

Certes. Mais pour diversifier les activités d'un agriculteur, doit-on admettre l'implantation d'une véritable activité industrielle, perturbante et polluante ? Ne faut-il pas plutôt sécuriser les sources de revenus des agriculteurs ? Pourquoi alors les laisser s'engager dans des investissements aussi lourds ? Dans sa campagne électorale, le Bourgmestre a annoncé des intentions à propos de la vie rurale ; où en est-il ? Quelle est sa politique pour encourager et promouvoir une agriculture tournée vers le développement durable, la recherche de plus grandes valeurs ajoutées, la mise au point de produits labellisés, etc. ? Dans de telles perspectives, la légitimité serait évidente.

 

2.                          « L’exploitation de porcheries est de nature à nuire sérieusement à l’image attractive que nous souhaitons donner de notre commune » (dixit Dardenne)

Il ne s'agit pas seulement d'image ; ces installations massacrent les paysages ; leur exploitation entraîne un trafic d'engins lourds inadaptés à nos voiries et aux conditions d'une vie rurale respectueuse de la quiétude et de la sécurité de la population ; elles dégagent des odeurs nauséabondes, bien connues de ceux qui fréquentent les routes flamandes (même l'aviation civile de plaisance les connaît). Sur nos terrains schisteux et en pente, l'épandage de quantités importantes de lisier dégradera nos biosystèmes (sources, ruisseaux, rivières e.a.), alors que tant d'efforts sont mis en œuvre pour les préserver (y compris par le Bourgmestre). Ces installations ne sont que les maillons d'une vaste chaîne qui envahira rapidement notre région (plus de 50 demandes de permis sont actuellement introduites en Wallonie).

 

3.                          « Même si les techniques modernes permettent de diminuer les nuisances engendrées par une porcherie, il n’en demeure pas moins que ces nuisances sont réelles » (dixit Dardenne)

Mais où sont donc les techniques modernes évoquées par le Bourgmestre ? Les cheminées évacuant les effluents ne sont même pas munies de filtres ; le lisier est simplement malaxé et récolte toutes les eaux et produits de désinfection utilisés pour le nettoyage périodique des installations (sans parler des antibiotiques, pesticides, etc.). C'est donc ce lisier dit «pur» qui sera épandu sous nos fenêtres et qui imprégnera durablement nos terres et nos eaux.

 

4.                          « Nous ne souhaitons pas la présence de porcheries industrielles sur le territoire de notre Commune. Par conséquent, si la décision dépendait uniquement de la Commune : ce serait non » (dixit Dardenne)

Le Bourgmestre ne veut pas de ces porcheries. Il ne suffit pas de le proclamer ; il faut le faire. En tant que détenteur du pouvoir communal ne doit-il pas défendre l'intérêt général avant tout ? En tant que personnalité importante du monde politique, n’est il pas bien placé pour orienter ou faire évoluer la politique agricole ? N'a-t-il pas compris que, cette fois, une très grande majorité des habitants de sa commune le soutiendrait ?

 

5.                          « Contre la décision de la Commune quelle qu’elle soit, un recours est ouvert auprès du Gouvernement wallon et dans un deuxième temps, auprès du Conseil d’Etat » (dixit Dardenne)

Le Bourgmestre, en bon avocat, rappelle qu'il existe des voies de recours. Faut-il rappeler que le recours est avant tout un mode de protection des intérêts particuliers, éventuellement lésés par une décision administrative ; ce ne peut être un mode de gestion de l'intérêt général ; mais si la population devait être contrainte au recours pour faire entendre ses droits les plus élémentaires, en vue d'une gestion éthique de la chose publique alors tout sera mis en œuvre, auprès de toutes les autorités compétentes, administratives ou judiciaires.

 

6.                          « … ce n’est pas parce que la Commune refuse le permis que le Gouvernement wallon ne le donnera pas » (dixit Dardenne)

Le Bourgmestre fait peu de cas des arguments techniques et juridiques qui peuvent former la motivation d'un refus du permis. S'il faisait réellement sienne cette motivation, pourquoi le ministre compétent (à savoir le Ministre Antoine) ne serait-il pas objectivement en mesure d'adopter la même attitude ? Le Bourgmestre, en sa qualité de député, a posé une question orale au Ministre Antoine. Les réponses sont édifiantes.

Question : lorsque la Commune a refusé le permis et lorsque le demandeur a introduit un recours, dans combien de cas :

- avez-vous confirmé le refus ? Réponse : 10 fois sur 14 (soit 71 %)

- avez-vous octroyé le permis ? Réponse : 4 fois sur 14 (soit 29 %)

Mêmes questions lorsque la Commune a accordé le permis ; réponse : 7 fois sur 9 (soit 78 %) l'autorisation est confirmée, le cas échéant avec modification (dans 5 cas).

Donc, contrairement à ce que soutient le Bourgmestre, les probabilités de voir la décision communale confirmée par le Ministre est très grande. Plus de 70 % dans les deux hypothèses ! Mais le Bourgmestre préfère spéculer et faire comme si, de toute façon, le permis sera accordé par le Ministre, alors que les statistiques démontrent le contraire. N'est-ce pas plutôt le Bourgmestre qui veut accorder le permis à tout prix ? N'a-t-il d'ailleurs pas fait reporter après les élections communales l'introduction de la demande relative à Cielle, afin d'être plus à l’aise ? Pour Petit-Halleux, où le dossier a déjà parcouru toutes les phases de la procédure jusqu'à l’octroi du permis, il est flagrant de constater comment les avis et observations contrariants ont pu être contournés.

Par ailleurs, le Bourgmestre relève un article de presse qui ferait état d'une opinion émise par Inter-Environnement Wallonie. Celle-ci conteste formellement et fera les démentis qui s'imposent.

 

7.                          « A partir du moment où le Gouvernement wallon est susceptible de donner le permis, il faut veiller à ce que la porcherie se situe aussi loin que possible du village » (dixit Dardenne)

Le Bourgmestre pense qu'il suffit d'éloigner les porcheries de quelques centaines de mètres pour tout résoudre. En fait, il déplace le problème, mais il n'élimine aucune nuisance, bien au contraire.

 

8.                          « Il est donc utile de négocier avec le cultivateur afin que l’autorité compétente, la Commune dans un premier temps, et le Gouvernement wallon dans un deuxième temps, ait à se prononcer sur un projet qui, s’il est accepté, soit le moins préjudiciable possible » (dixit Dardenne)

Avant de négocier avec le cultivateur, il eût mieux valu faire procéder aux études techniques notamment d'incidence, qui auraient objectivé l'impact des nuisances des deux exploitations concernées de Cielle et de Petit-Halleux ; à bien des égards, celles-ci ne forment qu'un seul projet et leurs effets sur l'environnement est cumulatif.

 

9.                          « La législation en vigueur n’impose pas, sauf dans un cas très précis qui ne nous concerne pas ici, de distance à respecter par rapport aux maisons d’habitation » (dixit Dardenne)

Les critères de proximité des habitations et de mitage agricole sont certainement des critères qui s'imposent ; la commune de Hotton n'a eu aucune peine à les mettre en œuvre à propos d'un projet de porcherie sur Melreux - Fronville, et a refusé le permis, suivie en cela par le Gouvernement Wallon.  De même la commune de Rendeux a refusé le projet de Warisy.

 

10.                      « L’investissement à consentir par le cultivateur est d’autant plus lourd qu’il s’éloigne du village en raison du coût des extensions (eau, électricité, … ) » (dixit Dardenne)

Le coût de l'investissement à consentir par le cultivateur semble avoir retenu l'attention du Bourgmestre. Est-ce donc pour cela que la commune de La Roche s'est engagée à céder un terrain au cultivateur de Cielle et à réaliser, à ses frais, les extensions nécessaires du réseau électrique ? Il sera vraiment intéressant de vérifier comment les intérêts des contribuables rochois auront finalement été respectés dans cette transaction et quelles sont les véritables retombées économiques et sociales qui peuvent en être attendues.

 

11 à 14     « Il y avait 2 manières de réagir : la première : c’était de dire non et de prendre le risque que le Gouvernement wallon octroie …le permis sollicité … d’une porcherie à proximité immédiate du village … ; la seconde : c’était de négocier avec le cultivateur afin d’obtenir qu’il déplace son projet et qu’il le situe à une distance aussi importante que possible du village … Dans les 2 cas, nous avons pu obtenir que le projet soit déplacé de plusieurs centaines de mètres. En contrepartie, nous nous sommes engagés à donner le permis » (dixit Dardenne)

Sous le prétexte fallacieux d’un octroi possible du permis par le Gouvernement wallon, le Bourgmestre a préféré négocier avec les cultivateurs. A Petit-Halleux, il n’a rien négocié du tout ; si le projet a été déplacé, c'est à l'initiative du demandeur lui-même. A Cielle, il a négocié, mais dans un seul but, à savoir, autoriser la porcherie et de plus tous les efforts sont faits par la commune et donc par les contribuables. Sur ces bases, le Bourgmestre s'est engagé à donner les permis. C'est chose faite à Petit-Halleux. A Cielle, la procédure de l'enquête publique doit encore être entamée et l'avis des fonctionnaires délégués et autres instances compétentes doit être exprimé. Que se passera-t-il si ces avis sont négatifs ? Le Bourgmestre pourra-t-il se soustraire à son engagement contractuel ? A quel prix ?

 

 

15.                      « Comme indiqué au point 5, le permis délivré par la commune peut faire l’objet d’un recours auprès du Gouvernement wallon ; ce recours peut être introduit par toute personne justifiant d’un intérêt » (dixit Dardenne)

Comme indiqué au point 5, on ne peut admettre que les devoirs de gestion de l'intérêt général soient méconnus à ce point par nos édiles, ceux-ci préférant s'enfermer dans des logiques spéculatives et irresponsables.

 

 

 

Vous souhaitez apporter votre soutien à l’ASBL

PRO ARDUINA NOSTRA ?

 

Visitez notre site

www.pour-notre-ardenne.be

et n’hésitez pas à vous faire membre

 

La Roche et Rendeux

Accueil | Objet de l'ASBL | Infos et Contact | Actions en cours | Documents | Alternatives Bio | Photos | Vidéos et Audio | Liens | Recherches | Arts et Artistes | Vos réactions | In het Nederlands


Dernière mise à jour le : 20 août 2010.