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(traduction libre de “vog”)
De Standaard
(6/02/08)
REPORTAGE
Les jeunes éleveurs tirent la sonnette d’alarmel
Des
dizaines d’éleveurs de cochons se sont rendus dans les rues hier, car ils
sentent l’haleine fétide de la faillite qui est à l’affût. Les prix des
aliments et de l’énergie grimpent, mais le prix qu’ils obtiennent pour leurs
cochons est en baisse. 'Nous subissons des pertes depuis des mois.'
'Notre
secteur est en danger'

L’exportation de cochons a diminué de vingt pourcent, beaucoup trop de viande
porcine est écoulée sur le marché Belge, ce qui fait fortement baisser le prix
au kilo.
AGRICULTURE
DE NOTRE
REDACTRICE
ANNELIEN DE
GREEF
BRUXELLES. A quelques mètres des abattoirs d’Anderlecht quelques dizaines de
jeunes fermiers agitent les drapeaux et les calicots devant le Café La Tourelle.
La police a interdit l’accès à la rue et les policiers sont souriants. Ce n’est
pas vraiment le coup de feu comme fréquemment à Bruxelles. Parmi les
manifestants il y a deux cochons. Un animal vivant, dans une cage, devant le
bistrot, qui se repose sur un lit de foin et un jeune homme déguisé en cochon
qui tente d’égayer l’action. Mais pour les jeunes agriculteurs du « Cercle
Vert », mouvement de jeunes agri- et horticulteurs du Boerenbond, l’affaire est
vraiment sérieuse.
Stijn Merckx s’est installé comme éleveur il y a cinq ans. Le jeune homme,
originaire de la Flandre Orientale, s’est levé spécialement à cinq heures du
matin afin d’effectuer une partie de son travail, avant de partir manifester à
Bruxelles. « Le secteur tourne à perte depuis des mois », dit-il. Les premiers
établissements font faillite. Celui qui a revêtu le costume de cochon, Joachim
Kerckhove, est lui aussi membre du Cercle Vert. L’association compte quatre
mille membres dans toute la Flandre.
'Le prix des aliments grimpe, l’énergie et le travail coûtent plus cher, mais le
prix du bétail baisse.’
Il n’a pas
d’ambitions dans ce secteur, bien qu’il soit fils d’éleveurs de Flandre
Occidentale.
« Nos
fermiers font
faillite »
, raconte
Kercknove. “
Les prix des aliments grimpent, l’énergie et le travail deviennent de plus en
plus cher, mais le prix du bétail baisse”
Entre-temps, il est midi moins cinq.
L’éleveur belge, qui ne perçoit pas de subsides, peut contrer un revers. Mais le
prix de la viande payé au producteur devrait remonter d’urgence d’après le
Cercle Vert. « Le prix au détail ne monte pas ou alors si peu. S’il monte, nous
n’en voyons rien”, dit l’agriculteur mécontent.
Les
éleveurs en ont marre de la tyrannie des distributeurs.
Chaque mardi des délégués du secteur de détail discutent dans le café avec les
découpeurs et les producteurs.
Mais lorsque vers les onze heures aucun distributeur n’est venu les rejoindre,
les fermiers décident d’entrer dans le Café La Tourelle.
« Ils
peuvent encore arriver »,
espèrent
certains.
Mais
plusieurs fermiers pensent qu’il n’y aura pas de réunion aujourd’hui. « Ils ont
la puce à l’oreille et n’osent plus venir », clament-ils. Le secrétaire
officieux de la réunion hebdomadaire a noté les prix demandés pour les
différentes sous parties du cochon sur un carton à bière. En tant que médiateur
il nuance les exigences des agriculteurs. « C’est un problème d’offre et de
demande, les agriculteurs doivent regarder plus loin que le bout de leur nez. »
Précédemment, septante pour cent de la viande belge était destinée à
l’exportation. Mais à cause de la concurrence croissante, ce chiffre a baissé de
vint pour cent. Cela a provoqué une arrivée trop importante de bétail sur le
marché belge. « Un cochon américain coûte en moyenne 0,78 euro au kilo” calcule
un découpeur. « Pour un cochon belge on paie 1,30 euro au kilo. « La grosse part
du marché russe a été perdue au profit des pays moins chers et les USA sont en
train de conquérir la Chine. En outre, chez le consommateur belge, la demande de
viande a chuté. « Le problème ne peut être résolu que par les autorités ou par
l’Union Européenne », dit Chris Verstraete, directeur de la porcherie
industrielle Dobbels Quality. « Convenir d’un prix sur des cartons à bière n’est
d’ailleurs pas très professionnel.”
Il semble qu’il n’y aura pas de répit dans les mois à venir. Trois agriculteurs
écoutent, le regard soucieux, un homme qui leur explique que le prix continuera
à baisser jusqu’au mois de septembre. Car on va vers la mise sur le marché de
plusieurs tonnes de viande surgelée, ce qui diminuera d’autant le prix que les
éleveurs pourront demander.
“ C’est de la concurrence déloyale”, entend-on. « Des aliments aux OGM
(organismes génétiquement modifiés) en provenance des USA ne peuvent pas être
importés en Belgique, mais la viande américaine, elle, peut, alors qu’elle
contient ces mêmes produits.
C'est
absurde. » Dat is toch absurd.
“
Les fermiers se plaignent également des fréquents contrôles et règlements
auxquels ils doivent se conformer. « Il n’y a pas de problème en soi, mais alors
on doit appliquer les mêmes lois partout ».
Midi va sonner, les fermiers et les découpeurs renoncent à la réunion. Les
distributeurs leur ont posé un lapin. Le mécontentement est grand. « Ils
persistent dans leurs erreurs, sinon ils seraient venus”, dit-on. « C’est un
manque de clairvoyance”, souligne un découpeur.
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