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Wallonie

 

Communiqué de presse du CDCH - ASBL (octobre 2006)

 N° d'entreprise N°476847050

 

Une nouvelle filière porcine de type industriel en Wallonie picarde !

Compte rendu de la conférence du 19 octobre 2006

 

La conférence-débat organisée par le CDCH en partenariat avec le GRAM, ce 19 octobre 2006 en la salle de la Maison du Pays des Collines à Ellezelles, sur le thème de « L'élevage industriel de porcs en Wallonie picarde » connut un vif succès tant au niveau du nombre de citoyens participants qu'en la qualité des intervenants et du débat.

L'élevage intégré de type industriel de porcs d'origine flamande cherche à s'installer en Région wallonne et dans ce contexte le Parc naturel du Pays des Collines est présenté par le CDCH comme une porte d'entrée dangereusement accueillante.

Afin de prévenir les agriculteurs et les consommateurs des problèmes liés à ce type d'élevage différents intervenants ont été conviés afin de pouvoir débattre du problème :

•Mr Jean-Claude Van Schingen, collaborateur de Mr Benoît Lutgen, Ministre de l'Agriculture, de la Ruralité, de l'Environnement et du Tourisme du Gouvernement Wallon

• Mr Jen~Pierre De Leener, représentant du « Vlaams Agragrisck Centrum »

• Mr Benoît Rixen, chef de projets auprès de la Filière Porcine Wallonne (FPW)

• Mr Lionel Delvaux, chargé de mission auprès de IEW

• Mr Paul Vankeerberghen, directeur général de COPROSAIN

• Mr Serge Hustache, président du Parc naturel du Pays des Collines

• La Fédération Unie de Groupements d'Eleveurs et d'Agriculteurs- FUGEA

• La Fédération Wallonne de l'Agriculture- FWA.
 

Mr Jean-Claude Van Schingen, collaborateur de Mr Benoît Lutgen, Ministre de l'Agriculture, de la Ruralité, de l'Environnement et du Tourisme du Gouvernement Wallon précise toutes les contraintes sanitaires, environnementales, de bien-être animal... comme autant de défis relevés par la Région.

Même s'il n'est pas favorable à l'implantation de filières intégrées en provenance du Nord du pays, il est dans l'impossibilité d'interdire leur implantation. Il propose une autre forme d'exploitation : une filière porcine spécifiquement wallonne, ainsi que le développement de filières courtes. Ces deux dernières ont la préférence de la Région.

Mr Jean-Pierre De Leener, représentant du « Vlaams Agrarisch Centrum » explique quant à lui comment on en est arrivé à une concentration de 80% des porcs flamands dans la filière intégrée. Il souligne que dans les années à venir le cheptel porcin va fortement diminuer en Flandre et qu'il va augmenter en Wallonie.

Il n'est pas favorable à la filière intégrée. En Wallonie la charge financière est trop forte pour l'exploitant. En effet, en Flandre ce sont des entreprises individuelles privées qui se sont inscrites dans une filière industrielle. Par contre, en Wallonie c'est la filière industrielle qui recrute des exploitants !

Mais surtout, dans le contexte de la mondialisation, il sera de plus en plus difficile de concurrencer, dans l'élevage industriel, les producteurs de l'Est ou du Sud. La seule voie est pour lui la filière courte liée au sol avec vente directe. Elle permet de conserver la maîtrise d'un savoir faire garant d'une qualité que les producteurs étrangers ne savent pas concurrencer. Option qui n'est possible que dans la mesure où le consommateur participe !

Mr Benoît Rixen, chef de projets auprès de la Filière Porcine Wallonne (FPW) constate l'augmentation du cheptel porcin par exploitation en Wallonie. Actuellement 14,4 % des exploitants représentants 63,3 % du cheptel wallon sont dans la filière intégrée. Il souligne l'existence de deux orientations : l'élevage (minimum 250 truies) et l'engraissement (minimum 1200 porcs). Minimum requit en l'absence de circuit de distribution. Il est bien sûr favorable à l'intégration qu'il juge intéressante pour l'agriculteur qui bénéficie (sic) d'avantages bancaires pour ses prêts ! La liaison au sol, capacité d'épandage par rapport à l'azote à épandre reste favorable presque partout en Wallonie et notamment dans le Pays des Collines. Et surtout, l'intégration est la raison d'être de la filière qu'elle représente ! Il admet toutefois que tout dépend du développement que l'on souhaite. Il insiste aussi pour que l'amont et l'aval de la filière soient wallons.

Après les trois exposés principaux la parole a été donnée aux représentants d'IEW, de la FWA, de la FUGEA, de COPROSAIN et du PNPC.

IEW, FUGEA et COPROSAIN sont favorables à la filière courte avec vente directe de la production.

IEW insiste sur la mauvaise position de la Wallonie par rapport aux normes environnementales internationales et craint que les mesures qui nous seront imposées par l'Europe ne deviennent plus strictes et rendent ainsi l'optimisme de la FPW caduc.

La FUGEA défend une agriculture paysanne et est hostile à la filière intégrée qui va à l'encontre des intérêts du producteur et du consommateur en favorisant un système économique fondé sur le libéralisme débridé.

COPROSAIN met en exergue cette filière courte qui l'a vu naître mais regrette aussi l’absence de relève auprès de ses producteurs.

La FWA, assez curieusement pour un syndicat agricole, défend bec et ongle la filière intégrée. Même si elle reconnaît l'intérêt de la filière courte, pour un petit nombre de producteurs, elle prône, dans le cadre d'une diversification agricole, la filière intégrée. Elle dénonce la diabolisation de la qualité des produits issus des filières intégrées. Elle insiste (sic) sur le fait que cette dernière procure une garantie de revenu à l'agriculteur. A-t-elle oublié que l'Europe garantissait le prix des produits agricoles pour assurer un revenu décent aux agriculteurs ?

Le Parc Naturel du Pays des Collines rappelle les normes qu'il préconise dans le cadre du Parc pour l'installation d'entreprises d'élevage industriel. Il insiste aussi sur la notion paysagère et sur la nécessité de cohabitation de producteurs, de moins en moins nombreux, et de non producteurs, de plus en plus nombreux. Avec l'importance du dialogue entre citoyens.

Le public est ensuite sollicité afin d'intervenir.

Le problème des odeurs est abordé de façon très constructive. Un agriculteur qui étudie la possibilité d'installer une porcherie de 1200 porcs souligne qu'il existe une technologie permettant de résoudre cette nuisance. Un représentant de la FUGEA interpelle le représentant du Ministre afin de demander une aide financière de la Région (un peu comme l'aide à l'isolation d'une habitation). Dont bonne note!

Le problème de la globalisation avec l'ouverture des marchés aux porcs polonais ou brésiliens est également abordé. Il peut être considéré comme le résultat d'une délocalisation de nos filières intégrées sous des cieux plus favorables.

Pour conclure, un petit problème d'arithmétique :
Il y a 6 millions de porcs élevés en Flandre, 0.4 million en Wallonie.
Nous consommons en moyenne +/- 50 Kg de porc par an.
Il faut donc +/-5 millions de porcs pour nous nourrir.

Compte tenu du prix de revient, est-il intéressant de favoriser une filière intégrée qui ne réalise sa survie que sur une production de masse ?

Au contraire faut-il favoriser un circuit court du producteur au consommateur, qui favorise une agriculture familiale à taille humaine et un produit de qualité ?

In fine, tous les intervenants étaient d'accord, même la FWA, si pas de préconiser la filière courte tout au moins de développer une filière intégrée dont l'amont et l'aval soient wallons ! Et ceci afin d'éviter cette image d'une Wallonie en voie de développement fournissant matières premières et sites de délocalisation pour entreprises nuisibles à l'environnement.

Renseignements:

Tel: 068.44.50.99.

E-mail : cdch@cdch.be

Site : http://www.cdch.be

 

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Dernière mise à jour le : 20 août 2010.