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La Meuse
6/11/2009
SUDPRESSSE
Actualité Belgique
RÉGION WALLONNE UN PROJET
D'ÉLEVAGE INTENSIF BLOQUÉ À DURBUY

Pour Philippe Henry, les élevages Industriels
n'apportent rien à la Wallonie.
Stop aux poulets
industriels
Le ministre Philippe Henry
veut favoriser des filières de qualité et de proximité
Sale temps pour les
élevages intensifs en Wallonie. Le ministre Philippe Henry (Ecolo) vient de
refuser le permis unique pour un projet de poulailler industriel a Durbuy.
Sans doute le premier d'une longue série.
Ouvrir une porcherie ou un
poulailler industrie ? Cela va devenir extrêmement difficile en Région
wallonne, le nouveau ministre wallon de l'Aménagement du Territoire. Philippe
Henry, vient de lancer un signal très fort en cassant le permis octroyé par le
collège communal de Durbuy à un projet de poulailler pour 38.800 poulets de
chair. Les raisons de ce refus? "L'impact paysager. Les exploitants
voulaient installer un hangar pour les poulets à 200 mètres du Col du Rideux,
un site exceptionnel, l'un des plus beaux des Ardennes dans une zone très
touristique " souligne-t-on au cabinet du ministre.
FILIÈRE LOCALE DE
QUALITÉ
Le refus, catégorique et
définitif, fait suite aux recours introduits par des riverain, qui avaient
recueilli près de 600 signatures contre le projet. C'est aussi une réponse aux
trop nombreux projets d'élevages intensifs qui tentent de tourner la
législation en douceur. Sous les 40.000 bêtes, l'étude d'incidence n'est pas
nécessaire. "On nous présente souvent des dossiers avec38.000 ou 39.000
têtes, histoire d'éviter une procédure plus lourde". Nous dit-on, un rien
agacé dans une administration communale.
Du coté du ministre Philippe Henry, on ne cache pas son hostilité plus
générale aux élevages intensifs. "Ce n'est clairement pas le modèle
agricole que nous prônons. Notre volonté politique est d'offrir une véritable
alternative agricole, basée sur la qualité du produit et sur la création d'une
filière locale intégrée", poursuit-on chez Philippe. Henry.
NUISANCES POUR LES
WALLONS
Bref, s’ils ne sont pas
encore interdits, les élevages intensifs vont avoir beaucoup de mal a se
forger un avenir en Wallonie.
« On ne dira pas systématiquement non, mais nous allons être extrêmement
vigilants et exigeants sur ces projets, comme sur les autres ".
insiste-t-on au cabinet, où l'on pointe du doigt le peu de retombées
économiques pour la Wallonie.
"Cela crée très peu d'emplois. Les poulets viennent de Flandre, sont
nourris avec des produits flamands et repartent ensuite là-bas après avoir été
engraissés. La Wallonie ne garde que les nuisances." Les effets néfastes,
c'est une évidence, ne rendent pas ces élevages intensifs populaires: odeurs,
épandages, risque de pollution des nappes phréatiques. Voila qui ne plaide pas
en leur faveur et provoque, un peu partout, de fortes oppositions chez les
riverains. Et puis, la vision politique du gouvernement wallon, inscrite dans
la déclaration de politique régionale, va dans une direction diamétralement
opposée.
"Nous voulons favoriser des filières de qualité et de proximité, avec de
petits éleveurs locaux qui travaillent avec des bouchers ou supérettes de leur
région et des abattoirs proches ", martèle Ph. Henry. Cela étant, le
ministre se dit conscient des difficultés de reconversion du monde agricole "D'autres
pistes existent, comme les gîtes de ferme ou l'agro-tourisme, surtout dans une
région comme celle de Durbuy »
DEMETRIO SCAGLI0LA
La chasse aux odeurs va
être lancée
Même si le ministre ne
peut évidemment pas retirer des permis dé|à octroyés, il entend également
mettre de l'ordre au sein des nombreux élevages déjà en activité un peu
partout en Wallonie. A l'avenir, les nombreux poulaillers ou autres porcheries
établies sur le sol wallon vont devoir respecter des normes plus sévères,
notamment en ce qui concerne les odeurs. "Nous avons la ferme volonté de
revoir très bientôt les normes sectorielle. Pour l'Instant. la législation ne
dit rien en en ce qui concerne les odeurs causées par ces installations"
précise le cabinet du ministre.
Voila qui devrait comble un vide juridique car la plupart des plaintes de
riverains sont dues aux nuisances olfactives. "Les exploitants seront tenus de
respecter la nouvelle législation d'environnement quand elle entrera en
vigueur."
(D.SCA)
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