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Presse

bullet Le ministre Henry refuse la porcherie à Durbuy (L'Avenir du Luxembourg 4/07/10)
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bullet Le poulailler de Christophe Bastin à Nadrin fait beaucoup parler (L'Avenir du Luxembourg 3/08/10)
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 Permis caduc pour la porcherie de Durbuy (L'Avenir du Luxembourg 5/05/10)
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Les eaux souterraines sont encore trop chargées (Le Soir - avril 2010)
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VEVIBA attend les producteurs de Bio (L'Avenir du Luxembourg 12/04/10)
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Mon steak, je sais d'où il vient ! (L'Avenir du Luxembourg 16/03/10)
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Stop aux poulets industriels (SUDPRESSE 6/11/09)
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 L’Avenir du Luxembourg (20/07/10)

Porcheries : il faut savoir ce qu’on veut…

Éric LEKANE

«Il faut renouer les liens entre agriculteurs et non-agriculteurs.

Le paradoxe du consommateur est qu’il est contre des porcheries près de chez lui mais qu’il veut du porc de qualité et pas cher.» Hubert Bedoret, chef de cabinet adjoint du ministre Henry

On veut acheter du porc bon marché, mais pas question d’odeurs de porcherie près de chez soi. Émotions, impressions, faits objectifs se mêlent…

«Oui à du porc ardennais, nourri au maïs ardennais, pour du jambon ardennais.»

Non à la porcherie ! Combien de fois n’avez-vous pas lu ça, dans les journaux, peint en blanc sur des routes, ou sur des affiches ? Voilà bien une problématique pleine de contradictions, où l’objectif et le subjectif s’entrechoquent, s’additionnent et alimentent l’opinion publique, souvent bien imparfaitement. Et les émotions, les défiances, les données irrationnelles pèsent parfois fort lourd.
Parmi les opposants structurés, l’ASBL Pro Arduina Nostra, dans la région de Rendeux, a particulièrement développé ses arguments : 1) Rien, économiquement, ne justifie une telle production en Wallonie alors qu’on fait aussi bien et moins cher ailleurs ; ce sont les subsides, sortis de la poche de chacun, qui font la rentabilité, il n’y a aucune vraie valeur ajoutée. 2) Non, tant qu’on ne démontrera pas que les nitrates ne polluent pas les cours d’eau, et les contrôles actuels manquent de sérieux. 3) Le porc industriel aux antibiotiques fragilise la santé humaine. 4) Oui à du porc ardennais, nourri au maïs ardennais, pour du jambon ardennais, avec une vraie valeur ajoutée dans la région. 5) À quand un vrai cadastre des épandages de lisier et non des simples déclarations ? Car trop de nitrates, pour se débarrasser des lisiers, détruit à 85% la biodiversité des prairies. Et puis comptent aussi des éléments subjectifs, retiennent Guy Hardenne et Marc Ménage, deux chevilles ouvrières de l’ASBL, comme le dialogue avec l’agriculteur, sa réputation. Un cultivateur dont la ferme est déjà mal tenue ne fera pas des miracles avec une porcherie…
Dominique Goosse, à Senonchamp, élève des porcs sur litière biomaîtrisée : on passe devant son élevage à vélo sans réaliser qu’il abrite 2 000 porcs. Ils ont de l’espace, de l’air, des jeux pour éviter le stress, fouissent dans la sciure de litière. Dans les porcheries, les narines sont à peine chatouillées par l’odeur ! Revers de la médaille : la concurrence du bois énergie rend la sciure chère, un surcoût de production. Devant les «non à tous les projets », D. Goosse raisonne : «Avec la production sur place, le consommateur a la chance de contrôler ce qui se fait. Et si on ne veut plus que du porc de plein air, il faut savoir aussi y mettre le prix ! » L’agriculteur déplore la paralysie des politiques, influencés par l’électorat «anti », par les préjugés. Même des élevages sur caillebotis (dalles en béton ajourées) bien tenus ne sentent presque rien, assure l’éleveur bastognard, et le lisier est un très bon engrais, qui ne sent qu’au moment de son épandage, plus valorisant que les engrais minéraux coûteux en énergie à la production. Et en porc gras, les marges bénéficiaires sont toujours maigres…

Pour un label clair

On constate que la production porcine wallonne est actuellement assise entre deux chaises, en fonction des textes qui la régissent, fruits de compromis politiques.
À côté du porc dit «conventionnel», autrement dit industriel, le porc de qualité différenciée est à deux vitesses : le vrai et le faux. Le « faux » n’est guère éloigné de l’industriel mais peut bénéficier des aides à l’investissement (ISA), c’est d’ailleurs sa raison d’être ; les porcs bio, plein air et fermiers apportent, eux, de réels plus en bien-être, alimentation, etc.
À la Filière porcine wallonne (Gembloux), on aspire à une meilleure assise législative, à un développement durable de la filière, car on y croit à l’avenir d’un secteur jouant sur la proximité et sur un label clair. Cela doit passer par le contrôle des épandages et des élevages, et par la résolution de deux vides juridiques sur les odeurs et les conditions sectorielles.  

INTERVIEW : Benoît LUTGEN

« Le lisier est contrôlé, les sanctions sont lourdes »

Le ministre wallon de l’Agriculture travaille à des améliorations législatives.

Pro Arduina Nostra déplore l’absence de cadastre d’épandage des lisiers. Y travaillez-vous ?

Il existe mais ce n’est qu’au moment où le permis est obtenu que la situation d’un projet est arrêtée. C’est alors qu’intervient la déclaration d’épandage. Les lisiers sont intéressants car la Wallonie est encore en déficit d’azote, mais il faut bien le répartir : c’est le but des contrats d’épandage. 

Mais Pro Arduina Nostra n’est pas rassurée par des contrôles qui, en moyenne, passent tous les 30 ans dans chaque ferme !

Les contrôles dépendent du plan de gestion durable de l’azote, le PGDA. Ils fonctionnent par coups de sonde sur les exploitations et les terrains. On sonde le sol jusqu’à 70 cm. 3 à 5% des exploitations sont contrôlées par an, de façon aléatoire, et les sanctions sont importantes. Si les taux ne sont en ordre, la sanction financière se mesure en pourcentage des primes européennes, les droits à paiement unique (DPU).
Il y a aussi d’autres moyens de contrôle : les primes pour lesquelles ce sont des satellites qui vérifient les surfaces de parcelles, les déclarations de terres sont également vérifiées. Avec la détermination des conditions sectorielles, on pourra imaginer encore davantage de précision sur les épandages.  

Quel lien peut-on établir entre production locale et transformation locale ? Peut-on imaginer une filière porcine 100% wallonne?

On y travaille avec l’Auda (Ndlr : l’association des producteurs de jambon d’Ardenne) pour le jambon et le saucisson d’Ardenne, en ce moment. Il faut pouvoir augmenter le pourcentage de porcs originaires d’Ardenne ou de la province de Luxembourg, de façon substantielle. Plus d’approvisionnement local veut dire plus de transformateurs locaux, plus de transports locaux, et ça hors d’un marché globalisé. Jambon d’Ardenne et saucisson d’Ardenne sont des produits de proximité. 

Cela passera-t-il par les porcs plein air, bio ou de qualité différenciée ?

Ce n’est pas encore fixé, on verra.

E.Lk. 

2011 En mars de l’an prochain, le gouvernement wallon édictera des conditions sectorielles pour les porcheries. Pour l’instant, c’est le vide juridique ! 

La litière biomaîtrisée, qui maîtrise bien les odeurs, butte sur le prix des sciures à cause du marché du bois énergie.

Renouer les liens avec l’agriculture

Le cabinet Henry prépare des normes sectorielles pour l’élevage de porcs et de volailles.

Le ministre Philippe Henry, en charge de l’Environnement et donc des permis, partage de ce fait la matière «porcheries» avec son collègue Lutgen, de même que les normes du plan de gestion durable de l’azote (DGPA). La résolution des vides juridiques, soulevés par plusieurs acteurs, est  principalement de son ressort. Son chef de cabinet adjoint Hubert Bedoret précise qu’un nouveauPGDA sera adopté en mars 2011, dont l’un des objectifs sera de renforcer les contrôles, qui exigent pas mal de personnel, pour les rendre plus effectifs : «On réfléchit à d’autres méthodes, dit-il, par exemple à des photos aériennes, mais on ne souhaite pas non plus un régime archipolicier. » Les conditions sectorielles, en cours d’élaboration, renforceront les contrôles sur les effluents, pour les élevages de porcs et volailles. «Ces conditions sectorielles définiront ce qu’on peut faire, poursuit M. Bedoret, dans une exploitation, apporteront une plus grande garantie sur les contrats d’épandage. Parmi les normes techniques, les odeurs sont en cours d’objectivation. Il existe des normes pour les particules fines émanant des voitures, des usines. Il y en aura aussi pour les odeurs, mais une dimension subjective s’y ajoute.»
Hubert Bedoret prend un peu de recul : «La cohabitation harmonieuse sous-tend la politique du ministre, il faut renouer les liens entre agriculteurs et non-agriculteurs, déminer ces relations. Le paradoxe du consommateur est qu’il est contre des porcheries près de chez lui mais qu’il veut du porc de qualité et pas cher. Nous sommes très attachés à encourager ce qui aide à la proximité, comme un éleveur bio qui vend chez lui. Mais on ne peut appliquer cela à tout… »

E.Lk.

Odeurs : une formule, mais pas magique 

L’olfactométrie et l’odométrie font partie des outils dont dispose le professeur Jacques Nicolas. 

Jacques Nicolas est professeur, chargé de cours à la FUL, l’antenne arlonaise de l’ULg. Sa spécialité : la surveillance de l’environnement, dont les odeurs et leur mesure. Avec son service, il a mis au point une formule pour objectiver les odeurs, dont celles émanant des porcheries. Les facteurs qui s’y multiplient sont : techniques (aération, alimentation, gestion du lisier et du fumier), liées aux riverains (acceptation selon la zone urbanistique), naturels (relief, dispersion, vents), un ajustement en fonction de la densité d’habitat, et les animaux (odeur en fonction du poids, de l’animal lui-même). Le tout donne une distance d’acceptation des nuisances pour laquelle la décision reste d’ordre politique, précise-t-il.
La formule est en cours de validation par le Centre de ressources technologiques en chimie (Certech
ASBL) puis la Région la prendra en considération. Mais elle est déjà largement diffusée auprès des organismes spécialisés qui l’utilisent. Toutes les expériences sont ainsi déjà recoupées afin d’en vérifier l’efficacité. Cette tentative d’objectivation va évidemment à la rencontre du subjectif : selon qu’on est rural, néorural, citadin et qu’on a le nez fin, on aura une perception différente. Mais à partir de constatations scientifiques, il sera possible de déterminer mieux des endroits idéaux pour l’implantation de telle ou telle activité émettant des odeurs. Autres paramètres sur lesquels on peut ensuite jouer, les systèmes neutralisant les odeurs. Produits masquants, neutralisation au niveau du nez, etc. On sait en tout cas que ce sont les poussières qui diffusent les odeurs de porcheries. En brumisant à la source, en lavant les poussières, en orientant idéalement la porcherie et son système d’aération, en biofiltrant les gaz sortant du bâtiment, on peut contrer les odeurs. Reste à voir l’impact du coût sur la rentabilité…
Mais les préconisations fondamentales de cet ingénieur sont simples. Meilleure est l’hygiène, moins il y a d’odeurs, et le système idéal existe : c’est l’élevage en plein air. Sinon, une ventilation et une orientation bien étudiées peuvent déjà assurer une bonne dilution des odeurs. ■

E. Lk. 

Le jeu très compliqué entre objectif et subjectif 

Quel regard un sociologue rural porte-t-il sur les débats autour des projets de porcheries ? Pierre Stassart est chef de travaux à la FUL à Arlon, pour les questions de transition et de développement durable. Pour lui, la relation entre l’éleveur et son entourage est essentielle. Le porteur de projet doit être proactif, aller au-devant des questions. Le professeur Stassart mesure combien le jeu entre l’objectif et le subjectif est très compliqué, avec l’écart qu’il y a entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. «Moi, par exemple, je trouve que la viande de porc classique n’a pas un goût terrible. » Il constate aussi la distance qui s’installe entre les agriculteurs et la population : «Dans ces conflits-là, les consommateurs ne connaissent plus les conditions de production de ce qu’ils mangent et le producteur ne sait pas ce qu’attend le consommateur, ce qu’il mange.»
Que préconiser, alors ? «C’est un dilemme pour les pouvoirs publics, constate M. Stassart. Plus on prévient tard du projet, plus les gens se sentent manipulés. Si on les intègre plus vite au projet, on peut renégocier le projet. Les consultations populaires nécessitent des compétences.» M. Stassart s’étonne qu’on importe 50%des porcs bio en Belgique : pourquoi ce blocage ? ■

E.Lk. 

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L'Avenir du Luxembourg 5/05/10

Permis caduc pour la porcherie de Durbuy

PALENGE •   Nouveau rebondissement dans le dossier du projet de porcherie industrielle de 2200 têtes introduit par M. Petry et qui se situera à Palenge, à proximité du nouveau cimetière de Durbuy. Le permis octroyé le 15 avril par le collège durbuysien est caduc. «Nous sommes considérés comme deux jours hors délai, à cause d'un problème de logiciel informatique», confie le bourgmestre Philippe Bontemps. Je suis meurtri et extrêmement déçu.»
L'erreur est, en effet, lourde de conséquences pour le collège, qui avait fixé des conditions très strictes à l'octroi de ce permis: acquisition d'un laveur d'air, ne pas épandre les effluents à moins de 200 mètres de toute habitation... Or, avec cette erreur, toutes ces mesures ne sont plus d'actualité. Le seul permis aujourd'hui applicable à l'agriculteur est celui des Services de l'Urbanisme à Arlon qui n'imposait aucune mesure à M. Petry.
«Je ne désespère cependant pas de trouver un accord avec M. Petry pour qu'il accepte toutes ou une série de ces mesures», ajoute le bourgmestre.
Notons qu'un recours a été envoyé au ministre Philippe Henry (Écolo).
Il émane du Syndicat d'initiative de Durbuy qui est totalement opposé à ce projet depuis son introduction. Le syndicat craint en effet des retombées négatives en terme d'image pour Durbuy vieille-ville. Le syndicat et certains commerçants avaient d'ailleurs lancé une pétition lors de l'enquête publique pour protester contre ce projet. 

 j. B.

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Le Soir (Avril 2010)

Environnement : Nitrates et pesticides continuent de causer du souci en Wallonie. 

Les eaux souterraines sont encore trop chargées 

Le dernier état des nappes d'eau souterraine en Région wallonne vient d'être publié. Et les nouvelles ne sont pas particulièrement bonnes. Les deux principaux indicateurs de pollution, les nitrates et les pesticides, sont à la hausse. « La tendance est à la dégradation, confirme-t-on à l'administration wallonne de l'environnement. Des eaux qui, à beaucoup d'endroits, étaient de bonne qualité, continuent à se dégrader. Et celles qui se dégradent le moins sont celles qui étaient déjà le plus en mauvais état. » C'est également l'avis de Serge Brouyère, expert en hydrologie à l'Université de Liège. « Hormis le calcaire du Tournaisis [près de la frontière française, NDLR], il n'y a aucune raison de penser qu'il y a un problème de surexploitation des nappes. En revanche, au niveau de la qualité, nous avons un évident problème de nitrates et de pesticides. » Le constat n'est pas sans conséquences : en Wallonie, 80 % de l'eau du robinet provient de captages souterrains, à Bruxelles 65 % vient aussi des puits sudistes. Et si sa qualité reste meilleure que ce que prévoient les normes internationales, les chiffres officiels le montrent : le nombre de captages purement et simplement abandonnés ou devant être soumis à un traitement au charbon actif en raison de trop grandes concentrations en pesticides ne cesse d'augmenter.

Principales nappes à problème : le crétacé de Hesbaye (délimité par les vallées de la Meuse, de la Mehaigne et du Geer) et les sables bruxelliens (Brabant wallon). Ici, « depuis 2003, les valeurs moyennes de concentration en nitrate semblent s'être stabilisées sur un palier supérieur », indique le rapport. Les nappes du Sud Namurois « ne présentent globalement aucun signe d'amélioration ». Tout le nord du sillon Sambre et Meuse peut être considéré comme la zone la plus vulnérable, indique un expert. 

Nitrates et pesticides

«L'impact chimique de l'agriculture demeure clairement la grande problématique pour les eaux souterraines », souligne le document de la direction wallonne. Les pesticides ? « Ce sont les herbicides [un pesticide, NDLR] qui sont responsables de la majorité des problèmes posés aux producteurs d’eau potable ». Dans les échantillons, on retrouve des traces d'atrazine, pourtant interdite depuis 2004. « Mais il subsiste encore de grandes quantités, tant chez les professionnels que chez les particuliers, dit Brouyère. Par ailleurs, les pesticides, c'est comme le dopage chez les cyclistes. Dès qu’on interdit un produit, ses substituts apparaissent très rapidement ». Les produits à suivre s'appellent désormais bentazone, bromacile et dichlorobenzamide. Ces herbicides d'usage « non nécessairement agricole » sont utilisés dans les cimetières, sur les talus des chemins de fer...
Certes, « la problématique des pesticides n'atteint pas l'ampleur de celle des nitrates. Mais elle se règle rarement par des dilutions et des mélanges d'eau », dit le rapport. Par ailleurs, poursuit un spécialiste, « le mécanisme d'infiltration et de migration des pesticides dans les eaux souterraines est beaucoup plus complexe que celui des nitrates ». Enfin, la question de leur toxicité est encore imparfaitement documentée. Les nitrates ? C'est « l'altération principale », issue essentiellement de l'utilisation des engrais azotés. « Pas mal de résultats sortent des valeurs moyennes, témoigne un fonctionnaire. Certains échantillons explosent même les mesures. »
« De manière générale, confirme Brouyère, on constate une augmentation de la présence de nitrates dans les eaux souterraines ». Et pourtant, des mesures visant à maîtriser l'utilisation des engrais azotés ont été prises. Mais, indique-t-on à la Région, « il est encore prématuré d'espérer constater les premiers effets bénéfiques de ce plan ». Plus encore : « Le plan actuel est trop faible, les règles ne sont pas toujours respectées. Ainsi, certains agriculteurs continuent à épandre sur sol gelé. Il faut donc augmenter les superficies protégées ou prendre des mesures plus sévères : un contrôle plus strict - voire généralisé dans les zones de captage - de l'épandage et du résidu azoté après les cultures. On y réfléchit ». La Wallonie n'a pas trop le choix. Une directive européenne prévoit qu'à partir de décembre de 2015 la qualité des eaux souterraines  soit « bonne » et ne souffre plus de détérioration. Un vrai défi auquel on ne fera pas face sans mal.  

 Michel De Muelenaere
 

Deux tiers captés

Les réserves en eaux souterraines wallonnes, « annuellement renouvelables », sont estimées à 550 millions de m3. Environ deux tiers, 370 millions de m3, sont captés. Les prélèvements de surface sont évalués à 2.600 millions de m3. 

De l'eau à boire

Plus de huit dixièmes des prélèvements sont destinés à l'eau potable (80 % pour l'eau de distribution, 1,5 % pour l'embouteillage de boissons). Les industries, mines et carrière consomment respectivement 7,6 et 8,8 %. 

De l'eau à exporter

40 % de l'eau potable produite en Wallonie sont exportés en Flandre et à Bruxelles. 

Gros captages

Les captages les plus importants sont :  Modave (22,8 millions de m3), les galeries de Hesbaye (13,2), Vedrin (9,3), Braine-l'AIleud/Waterloo (9,3), Nimy (11,1), Spontin (7,6), Crupet (5,9), Néblon (10,5) et Gaurain- Ramecroix (6,5).

 

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L’Avenir du Luxembourg 12/04/10

 

VEVIBA attend les producteurs de Bio

La société Véviba (Bastogne) travaille avec la majorité des grandes surfaces. Elle espère trouver des producteurs de bio dans la province. 

• Thierry LEFEVRE 

Le Bio est une filière porteuse; on est à la recherche de producteurs dans la province pour répondre à un marché sans cesse en expansion. » Voilà l'appel que lance la société Véviba de Bastogne. La société sœur de l'abattoir et marché de Bastogne (AMB) transforme la viande pour la présentation en barquette que le consommateur trouve dans les supermarchés. Elle s'est lancée depuis 2000 dans la filière bio avec un beau succès. « On ne connaît pas beaucoup le travail du bio à l'extérieur, et surtout au niveau des producteurs, souligne le responsable de la filière Vincent Duponselle. Nous avons des demandes; nous sommes passés de 600 tonnes de bio en 2008 à 700 tonnes en 2009. Nous aimerions à présent trouver des éleveurs dans la région pour confirmer notre attache provinciale. L'avantage des courts déplacements des animaux, c'est avant tout leur bien-être et la viande s'en ressent. Et puis il y a l'impact écologique dont il faut tenir compte.» 

Changer de cheptel, changer de vie

Le passage au bio entraîne toutefois un changement dans la manière de travailler, mais surtout du cheptel. «Il est difficile de faire du Bio avec du Blanc Bleu, qui est la race que l'on retrouve partout dans notre région, poursuit M. Duponselle. Car pour faire du bio, les césariennes ne doivent être qu'exceptionnelles. Il faut donc privilégier la limousine, la blonde d'Aquitaine, etc. Le travail n'est pas le même non plus. Par ailleurs, il y a des mesures de soutien pour la production bio, mais elle est dégressive. Dans la province, on n'a pas la culture de l'engraissement. Le Bio, c'est aussi un cahier des charges strict avec une traçabilité de tous les instants pour assurer la qualité de la viande. »

«Le bio, c'est aussi un cahier des charges strict avec une traçabilité de tous les instants pour assurer la qualité de la viande.»
Vincent Duponselle

Un prix stable

Le grand avantage du bio réside cependant dans le fait que le prix est supérieur, mais surtout stable. «Il y a une récompense pour celui qui s'investit dans cette voie, mais il est difficile de le chiffrer par rapport à la filière traditionnelle car le marché fluctue», explique encore M. Duponselle. La filière bio représente quatre à cinq pour cent du marché, mais 80 % de cette filière est issue de Bastogne. «Elle n'attire plus seulement les convaincus, mais aussi ceux qui veulent être sûrs d'avoir une viande de qualité. Le mot bio correspond vraiment à quelque chose à présent.»

 

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L’Avenir du Luxembourg 16/03/10

Mon steak, je sais d'où il vient !

Si vous voulez être sûr de ce qu'il y a dans votre assiette, passez par le GAC d'Anlier. Du champs à la table, ici, c'est en ligne directe !

Thomas COLBACK

Les GAC, ce sont des groupes d'achat commun. Des sortes de coopératives mais pour les consommateurs.

A l'heure où on ne sait plus vraiment ce qu'on ingurgite, il était temps pour les membres de retrouver un contact direct avec les producteurs de fruits et légumes, de viande ou de miel. C'est ce que propose le GAC d'Anlier : «Oui il est nécessaire de rapprocher les consommateurs des producteurs. Via des commandes groupées, les gacqueurs (Un néologisme ! NDLR) savent ce qu'ils sont en train de manger, où et qui a produit leurs aliments. De plus, il y a un côté social à notre organisation puisque nous sommes avant tout une communauté d'intérêts qui va au-delà de la simple consommation. Echange de bonnes pratiques, bons plans et bien d'autres choses enrichissent chacun de nos membres » explique Zita Csanyi. 

«Il est nécessaire de rapprocher les consommateurs des producteurs. Via des commandes groupées, les «gacqueurs» savent ce qu'ils sont en train de manger        

Zita Csanyi 
 

Conscience écologique et sociale ! 

Le GAC d'Anlier surfe sur cette tendance à vouloir être un acteur responsable dans ce monde qui tourne un peu fou: «Ici, les gens font leurs commandes une semaine à l'avance. Ca réduit considérablement le nombre d'invendus et donc de gaspillage. De plus ça fait vivre les agriculteurs et les campagnes du coin.»
Le choix des producteurs est en effet effectué de manière stricte : local et/ou bio.
«Nous proposons des légumes de saison, parfois oubliés comme les panais ou le topinambour. Des légumes méconnus. On peut partager les recettes
Au rang des clients, on retrouve de nombreuses jeunes familles avec enfants qui essaiment peu à peu leur intérêt pour cette ancienne forme «communautaire» dont l'improbable modernité est perceptible en ce début de millénaire : «Nous savons ce que nous mangeons, nous savons à qui nous donnons notre argent, nous diminuons les distances que le marché engendre entre les vendeurs et les acheteurs et nous rétribuons de façon plus juste les producteurs locaux !» Et si finalement c'était comme cela qu'on redonnait du sens au travail et à la consommation ? En réduisant les distances et en favorisant l'inter-connaissance.

VITE DIT

Comment ça marche ?

Vous commander par internet, au plus tard le mercredi, ce que vous voulez pour le jeudi suivant. Il suffit de s'inscrire sur http ://gacqueuse.centerblog.net, de passer régler et de prendre sa commande le jeudi suivant. Outre les légumes et les fruits, on retrouve des produits laitiers régionaux, du miel, des pains, de la viande... Toujours en fonction de la saison.

Les GAC essaiment

Outre celui d'Anlier, on retrouve d'autres groupes d'achats collectifs à Bleid et Virton. Dans la même philosophie, on pointera la banque de temps (Échange de service) à Musson et le réseau d'échange de savoir à Arlon. Toutes ces «organisations» veulent donner une plus value non financière aux ressources de chacun. Sur le mode de l'échange.

Le tout pour 10 euros !

Cette semaine, le panier de légumes proposait un chou rouge, une boîte de champignon frais, des chicons, des oignons, des panais, une botte de poireaux ainsi que des betteraves rouges. Le tout pour 10 euros! Et si vous ne savez que faire de certains de ces légumes, faite comme cette gacqueuse, trouvez des solutions : «Un jour il y avait une sorte de gros navet jaune dont je ne me rappelle plus du nom. J’ai été voir sur marmiton.be, j'ai regardé ce qui y ressemblait et j'ai découvert des recettes pour les utiliser !» Des petits efforts qui ont à coup sûr porté leurs fruits.

  

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La Meuse 6/11/2009

SUDPRESSSE
Actualité Belgique


RÉGION WALLONNE
UN PROJET D'ÉLEVAGE INTENSIF BLOQUÉ À DURBUY


Pour Philippe Henry, les élevages Industriels n'apportent rien à la Wallonie.

Stop aux poulets industriels 

Le ministre Philippe Henry veut favoriser des filières de qualité et de proximité 

Sale temps pour les élevages intensifs en Wallonie. Le ministre Philippe Henry (Ecolo) vient de refuser le permis unique pour un projet de poulailler industriel a Durbuy. Sans doute le premier d'une longue série.

Ouvrir une porcherie ou un poulailler industrie ? Cela va devenir extrêmement difficile en Région wallonne, le nouveau ministre wallon de l'Aménagement du Territoire. Philippe Henry, vient de lancer un signal très fort en cassant le permis octroyé par le collège communal de Durbuy à un projet de poulailler pour 38.800 poulets de chair. Les raisons de ce refus? "L'impact paysager. Les exploitants voulaient installer un hangar pour les poulets à 200 mètres du Col du Rideux, un site exceptionnel, l'un des plus beaux des Ardennes dans une zone très touristique " souligne-t-on au cabinet du ministre. 

FILIÈRE LOCALE DE QUALITÉ

Le refus, catégorique et définitif, fait suite aux recours introduits par des riverain, qui avaient recueilli près de 600 signatures contre le projet. C'est aussi une réponse aux trop nombreux projets d'élevages intensifs qui tentent de tourner la législation en douceur. Sous les 40.000 bêtes, l'étude d'incidence n'est pas nécessaire. "On nous présente souvent des dossiers avec38.000 ou 39.000 têtes, histoire d'éviter une procédure plus lourde". Nous dit-on, un rien agacé dans une administration communale.
Du coté du ministre Philippe Henry, on ne cache pas son hostilité plus générale aux élevages intensifs. "Ce n'est clairement pas le modèle agricole que nous prônons. Notre volonté politique est d'offrir une véritable alternative agricole, basée sur la qualité du produit et sur la création d'une filière locale intégrée", poursuit-on chez Philippe. Henry. 

NUISANCES POUR LES WALLONS

Bref, s’ils ne sont pas encore interdits, les élevages intensifs vont avoir beaucoup de mal a se forger un avenir en Wallonie.
« On ne dira pas systématiquement non, mais nous allons être extrêmement vigilants et exigeants sur ces projets, comme sur les autres ". insiste-t-on au cabinet, où l'on pointe du doigt le peu de retombées économiques pour la Wallonie.
"Cela crée très peu d'emplois. Les poulets viennent de Flandre, sont nourris avec des produits flamands et repartent ensuite là-bas après avoir été engraissés. La Wallonie ne garde que les nuisances." Les effets néfastes, c'est une évidence, ne rendent pas ces élevages intensifs populaires: odeurs, épandages, risque de pollution des nappes phréatiques. Voila qui ne plaide pas en leur faveur et provoque, un peu partout, de fortes oppositions chez les riverains. Et puis, la vision politique du gouvernement wallon, inscrite dans la déclaration de politique régionale, va dans une direction diamétralement opposée.
"Nous voulons favoriser des filières de qualité et de proximité, avec de petits éleveurs locaux qui travaillent avec des bouchers ou supérettes de leur région et des abattoirs proches ", martèle Ph. Henry. Cela étant, le ministre se dit conscient des difficultés de reconversion du monde agricole "D'autres pistes existent, comme les gîtes de ferme ou l'agro-tourisme, surtout dans une région comme celle de Durbuy » 

DEMETRIO SCAGLI0LA 

La chasse aux odeurs va être lancée 

 Même si le ministre ne peut évidemment pas retirer des permis dé|à octroyés, il entend également mettre de l'ordre au sein des nombreux élevages déjà en activité un peu partout en Wallonie. A l'avenir, les nombreux poulaillers ou autres porcheries établies sur le sol wallon vont devoir respecter des normes plus sévères, notamment en ce qui concerne les odeurs. "Nous avons la ferme volonté de revoir très bientôt les normes sectorielle. Pour l'Instant. la législation ne dit rien en en ce qui concerne  les odeurs causées par ces installations" précise le cabinet du ministre.
Voila qui devrait comble un vide juridique car la plupart des plaintes de riverains sont dues aux nuisances olfactives. "Les exploitants seront tenus de respecter la nouvelle législation d'environnement quand elle entrera en vigueur."

(D.SCA)
 

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